Archives de catégorie : Critique

[Critique] L’Énigme de Red Hood

Disponible depuis bientôt un an sur les étagères de nos librairies préférées, L’Énigme de Red Hood est un beau pavé (512 pages) qui compile Batman #635-641 et #645-650 ainsi que le Batman Annual #25 et enfin le récit Red Hood : The Lost Days, pour la première fois publié en librairie en VF. Cet ouvrage retrace l’arrivée dans nouveau personnage à Gotham, Red Hood, son ascension dans la pègre et son affrontement avec Black Mask et Batman ainsi que, dans la dernière partie, les mois d’entraînement de Red Hood avant que celui-ci n’arrive à Gotham. Continuer la lecture de [Critique] L’Énigme de Red Hood

Batman Terre Un

S’annonçant comme une relecture de l’origine du chevalier noir, Batman Terre Un a été publié fin août 2013 par Urban Comics. Voyons ensemble de quoi il en retourne !

Synopsis :

Batman n’est pas un héros, et encore moins un super-héros. Il n’a pas de super-pouvoirs. Batman, est juste un homme comme les autres. Vulnérable, et en colère. Batman Terre-1 raconte la vengeance d’un homme, celle d’un orphelin pour un père et une mère assassinée.

L’avis de Batman Univers :

Après un Superman Terre Un qui proposait une nouvelle interprétation des origines de l’homme d’acier, DC décida de remettre le couvert avec cette fois ci le personnage de Batman. L’album surprendra les habitués de l’univers du chevalier noir et c’est normal ! Ici, Bruce est encore plus sombre qu’à son habitude. Alfred, lui, sera toujours bienveillant, mais bien plus impulsif et renfrogné que tel que nous le connaissions jusqu’alors. Il en est de même pour chaque personnage. L’album nous propose une vision plus moderne, plus surprenante, mais aussi très intéressante de ce que pourrait être les origines du personnage de Batman.

Le scénario laissera donc de la place à la jeunesse de Bruce, où l’on apprend par exemple que son père est candidat au poste de maire de la ville, et que sa mère est ici une descendante de la famille Arkham. Les débuts de Batman sont également un élément central du récit. On y découvre comment et pourquoi Bruce décide d’enquêter sur le meurtre de ses parents, soupçonnant Oswald Cobblepot, alors maire de Gotham, d’être à l’origine de ce double assassinat.

Coté illustration, l’album est un véritable délice. Découpage soigné, couleur de qualité, difficile de trouver quoi que ce soit à reprocher en fait ! Urban Comics nous fourni encore une fois une VF de qualitée, avec un album dans la ligné de ce qu’ils nous proposent déjà depuis leur reprise des licences DC. Pour vous faire un avis sur la qualité graphique de cette album, vous pouvez d’ors et déjà parcourir les premières pages sur le site d’Urban Comics !

S’il pourra déstabilisé car l’histoire se permet de grande liberté par rapport à l’univers d’origine de Batman, cet album reste un incontournable pour les fans du chevalier noir. Notre seul regret est que l’album se termine bien trop vite (150 pages quand même !) sur un cliffhanger qui présage l’avènement d’un autre super-vilain bien connu pour le tome 2.

Les plus :

  • Illustrations de qualité
  • Relecture intéressante du mythe
  • Prix abordable (environ 15€)

Les moins :

  • On veut la suite !

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Batman – Un Long Halloween [Mise à jour]

Début Janvier, Urban Comics nous proposait son édition du mythique « Un Long Halloween ». Je vous propose aujourd’hui notre critique de cette fabuleuse histoire, rédigé lors de la sortie de l’édition Absolute il y a quelques années.

« Un Long Halloween » est considéré par beaucoup comme l’une des meilleurs histoires de Batman de ces dernières années. Elle a notamment servi d’inspiration au très acclamé film « The Dark Knight » de Christopher Nolan en mettant en avant non seulement des fous, mais aussi la mafia de Gotham. Voyons ensemble ce que propose cette histoire digne des plus grands romans noirs.

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Batman - Un long Halloween

Panini Comic a réédité cette grandiose histoire au format « Absolute ». D’une grande qualité et accompagnés de bonus exclusifs, ces éditions font la joie des collectionneurs. Leur seul défaut : le prix. En effet, ce magnifique coffret « Absolute » de « Un Long Halloween » est vendu à 70€, et tout le monde n’est pas forcément près à investir autant dans une bande dessinée. Pourtant, le coffret est vraiment somptueux. Boite cartonnée, couverture glacée par dessus la couverture cartonnée, avec une très bonne qualité d’impression.

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Une magnifique illustration orne la boite et la couverture de l'album

Outre cette magnifique édition, Batman – Un Long Halloween est également une grande aventure de l’homme chauve-souris. Au commande du titre, Jeph Loeb au scénario (on lui doit également « Batman – Silence ») et Tim Sale au dessin (qui lui a travaillé sur la série télévisée Heroes, ou encore sur Superman ou Daredevil). Construit à la manière d’un roman noir, « Un Long Halloween » fait la part belle à la mafia de Gotham. On y retrouve des personnages introduit par le scénariste Frank Miller dans son grandiose « Batman – Année Un », à commencer par le chef de la pègre de Gotham : Carmine Falcone, dit « Le Romain ». On retrouvera également la famille Maroni, dont le chef : Salvator, a déjà fait son apparition sur le grand écran dans « The Dark Knight ».

Le Joker aurait-il encore frappé ?
Le Joker aurait-il encore frappé ?

Le festival des personnages ne s’arrête pas à cela, en plus de la pègre, Batman rencontrera à plusieurs reprises des psychopathes bien connus comme le Joker, le Chapelier Fou ou encore l’Épouvantail. Face à tous ces adversaires, Batman ne sera pas seul. On retrouve bien évidemment ce cher James Gordon, ainsi que le procureur Harvey Dent. Catwoman croisa régulièrement le chemin du croisé masqué, tantôt l’affrontant, tantôt lui prêtant main forte.

Tous ses personnages s’articulent autour d’une intrigue rudement menée : un nouveau tueur frappe à Gotham, chaque jour de fête, et personne ne sait qui il est, ni quel sera sa prochaine cible. Les journaux l’appel déjà « Holyday », et Batman à bien du mal a résoudre ce mystère.

A chaque jour de fête, un nouveau mort, et un nouveau mystère a résoudre.
A chaque jour de fête, un nouveau mort, et un nouveau mystère à résoudre.

Cette histoire a également de particulier qu’elle contient un évènement majeur dans l’univers de Batman : la première apparition du méchant Double Face. Que ce soit du coté du scénario que celui du dessin, Loeb et Sale ont su vraiment travailler chacun des personnages de l’univers de Batman. À cette histoire bien ficelée, les illustrations de Tim Sale s’accordent à merveille. Le trait particulier et la mise en couleur participe à donner une ambiance sombre pour plonger le lecteur au cœur de l’intrigue.

L’édition Absolute, comme tout Absolute qui se respecte nous propose son lot de bonus. Ainsi, une double page est réservée aux figurines inspirées de l’histoire. Quelques pages plus loin, nous avons droit à une interview de Jeph Loeb et Tim Sale qui nous parle de la création de « Un Long Halloween », interview qui se termine par des commentaires des deux hommes sur les différentes couvertures de chaque parution du long halloween aux états-unis.

Quelques commentaires des auteurs à propos des couvertures
Quelques commentaires des auteurs à propos des couvertures

Au final, Un Long Halloween est effectivement une histoire grandiose du justicier masqué. Elle a remporté de nombreux prix, et il suffit de la lire une fois pour être convaincu. Le duo Loeb/Sale a su mettre en scène des personnages caractéristiques de l’univers de Batman en y ajoutant une touche de nouveauté en mettant en avant la pègre de Gotham City. Concernant plus particulièrement l’édition Absolute, la qualité d’impression est irréprochable, le coffret luxueux très jolie et les bonus intéressants. Le seul bémol restera le prix relativement élevé de l’édition Absolute, mais heureusement des éditions plus abordables sont sorties depuis.

Les plus:

  • Une histoire grandiose
  • Les illustrations magnifiques
  • Édition Absolute de grande qualité

Les moins:

  • Le prix peu abordable
  • L’absence d’édition « classique » en France

Mise à jour janvier 2013 : Depuis la rédaction de cette critique, l’album a été réédité à deux reprises en édition dites « classiques », on peut actuellement se la procurer pour 35€ dans son édition chez Urban Comics. Plus aucune raison de passer à coté !

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La revanche de Bane

Avec l’arrivée prochaine de The Dark Knight Rises au cinéma, Urban Comics nous fait le plaisir de rééditer quelques histoires clés mettant en scène Bane, le méchant qui apparaîtra dans le film. Je vous propose aujourd’hui une petite review de l’album « La Revanche de Bane » qui revient sur les origines de ce personnages peu commun.



Synopsis :

Scénario: Dixon Chuck,Nolan – Dessin: Palmer
Né à Santa Prisca, une île dirigée par une junte militaire sanguinaire, l’homme qui allait devenir Bane n’avait qu’un rêve : devenir le maître incontesté d’un empire du crime. Sur son chemin, il retrouva le légendaire Batman et fut l’un des rares à pouvoir le défaire. Aujourd’hui, il s’allie à l’un des pires ennemis du Chevalier Noir : Ra’s Al Ghul, et à sa fille, la capiteuse Talia.
(contient Vengeance of Bane # 1, et Bane of the Demon # 1-4)

L’avis de Batman Univers :

A l’heure ou je vous écris, The Dark Knight Rises ne devrait plus tarder à sortir sur nos écrans. Ce troisième films de la saga de Christopher Nolan met en scène le terrible Bane, et si vous faites parti de ceux qui aimeraient en savoir un peu plus sur ce personnage avant d’aller voir le film, Urban Comics a répondu à votre appel avec l’album La revanche de Bane !

 

L'histoire débute alors que Bane n'est encore qu'un enfant

Cet album contient en fait deux histoires, La revanche de Bane et le Fléau du Démon. Commençons par la première, qui n’est autre que l’histoire qui a introduit le personnage dans l’univers de Batman. Nous suivrons donc Bane pendant la majeur partie du récit, le personnage de Batman se fera quand à lui très discret, nous permettant de nous concentrer sur les origines de Bane. L’histoire écrite par Chuck Dixon est bien menée, j’ai trouvé le récit réellement prenant. Bane était un personnage que je connaissais déjà, mais j’ai découvert malgré tout de nombreuses choses dans cet album.

 

Pour la première fois, Bane est soumis au "Venin"

 

Du coté des illustrations, nous retrouvons ce style propre au comics des années 90, avec d’ailleurs un grand nom de cette époque aux commandes: Graham Nolan. Cette première histoire se pose donc comme un élément incontournable si vous souhaitez en apprendre d’avantage sur le personnage, d’autant plus qu’elle se déroule juste avant Knightfall, dont le premier tome a été réédité par Urban Comics début juillet.

 

 

Passons maintenant au second récit, peut-être un brin plus classique, mais néanmoins intéressant. L’histoire se déroule après les évènements de Knightfall, et Bane sera amené à faire la rencontre du puissant Ra’s Al Ghul et de sa fille Talia alors qu’il enquêtait sur l’identité de son père. Encore une fois, Batman interviendra peu et Bane restera au centre de l’histoire.

 

Bane est près à tout pour découvrir l'identité de son père

 

Encore une fois, nous retrouvons la même équipe artistique (Chuck Dixon et Graham Nolan) pour un récit de qualité, peut-être moins profond que le premier, mais sachez que cette histoire précède une étape importante de la chronologie Batman, alors que Ra’s Al Ghul répand un virus mortel sur Gotham City (voir Contagion et Legacy dans notre chronologie).

Au final, pour 15€ Urban Comics nous livre là deux histoires intéressantes, on s’attache rapidement au personnage de Bane qui malgré son coté Bad-Guy reste très charismatique, avec des origines biens travaillées.

Les plus :

  • Deux histoires pour le prix d’une
  • Les origines de Bane

Les moins :

  • La seconde histoire peut-être moins intéressante que la première

 

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Fiche éditeur

Batman : La Nouvelle Aube

Sortie le 9 mars, La Nouvelle Aube fait partie des titres de lancement de Urban Comics concernant notre justicier préféré. Mais que renferme réellement cet album ? Après un long temps mort, Batman Univers vous propose donc une nouvelle critique, décortiquons ensemble tout cela !

Synopsis :

Lorsque le premier amour de Bruce Wayne est kidnappé par le mortel tandem du Pingouin et de Killer Croc, Batman se lance à sa recherche, prêt à tout pour les arrêter !
Mais, tapies dans l’ombre, des forces surnaturelles attendent également de jeter leur dévolu sur la jeune femme, plaçant Batman cornes-à-cornes avec le démon Etrigan, dans une lutte qui dépasse bien vite ses simples talents de détective.

L’avis de Batman Univers :

Notons tout d’abord que nous avons affaire à une équipe artistique de grand talent, ne serait que David Finch qui juste avec la couverture arrive à nous en mettre plein les yeux. Par ailleurs, l’intérieur de l’album n’est pas en reste. Finch nous propose là des illustrations de grande qualité, et Jay Book qui reprend les illustrations à la moitié de l’album assure tout autant !

Concernant l’histoire cependant, celle-ci reste assez classique. Les différents personnages ne sont pas réellement mis en avant, ni très bien exploités. Nous avons affaire à un Killer Croc et un Pingouin à la psychologie assez fade. Ils sont là, mais on ne sait pas trop pourquoi, et finalement on s’en fiche un peu. Le personnage de Dawn Golden créé pour l’histoire est tout aussi superficiel. On nous ressort une amitié d’enfance relativement improbable (même enfant, Bruce Wayne a toujours été un solitaire, cela a été clairement évoqué dans Batman Silence notamment) pour justifier un intérêt tout aussi improbable de la part de Bruce Wayne pour cette jeune femme.

De plus, l’aspect fantastique est introduit de manière assez maladroite, et la présence du personnage d’Etrigan reste tout aussi décevante et inexploité que pour le reste des personnages. Quelle dommage que la narration soit si maladroite, et le scénario si banale, car l’album proposait pourtant de magnifiques illustrations d’une qualité rarement égalée.

Les plus :

  • Des illustrations d’excellente qualité
  • Prix abordable (14€)

Les moins :

  • L’histoire peu originale
  • Les personnages creux et sous-exploités
  • La narration maladroite

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Batman : The Man Who Laughs


Paru en 2005, sous forme de one-shot, puis réuni dans un album du même titre en 2008, The Man Who Laughs relate la première apparition du Joker dans l’univers de Batman. Le récit est écrit par Ed Brubaker, dessiné par Doug Mahnke, mis en couleur par David Baron et comporte une soixantaine de pages. A noter que l’album contient également un second récit du même scénariste, mettant en scène le premier Green Lantern et Batman des années après leur première rencontre. Ce récit n’a hélas aucun rapport avec le premier…

Pour en revenir à The Man Who Laughs, sachez tout d’abord que Brubaker s’inspire fortement de la réelle première apparition du Joker en 1940 dans Batman n°1. Les amateurs du Golden Age sauront donc de quoi je parle. Dans cet épisode, le Joker avait déjà son visage clownesque, sa redingote violette et son humour mortel. Sa particularité cependant consistait à poser des ultimatum: le Joker annonçait régulièrement en effet la mort d’une personnalité importante à minuit. Il usait pour cela de stratagèmes très discrets: gaz hilarant, poison…jusqu’au jour où Batman parvint à l’arrêter. Pour l’anecdote, on retrouve un clin d’oeil dans
The Dark Knight de Nolan avec l’ultimatum des deux ferrys.


Brubaker reprend donc cette trame tout en ajoutant d’une part les origines du Joker déjà dévoilées dans The Killing Joke, où Batman « crée » involontairement le Joker, et en inscrivant son récit d’autre part dans la continuité avec Year One.

L’intrigue se déroule en effet juste après, on y retrouve d’ailleurs des personnages comme Loeb, Grogan ou Falcone et la même méfiance de la police envers Batman. Le récit est donc fort complet, prenant et plein de suspense. On se demande à chaque fois quelle ruse le Joker va employer pour tromper la police et tuer sa cible pourtant hautement gardée…

Parmi les péripéties, on verra même Bruce Wayne prendre volontairement du poison hilarant pour tromper sa garde rapprochée ainsi que le fameux duel final entre Batman et le Joker, au moment où celui-ci s’apprête à empoisonner les eaux de la ville.


Brubaker s’efforce également de montrer la rupture provoquée par le personnage du Joker dans l’univers de Batman. Fini les simples gangsters, place aux tueurs sadiques et rusés, à la juste mesure du nouveau protecteur de Gotham. Le récit finit ainsi par une scène sur le toit du commissariat où le lieutenant Gordon présente à Batman le bat-signal, nouvelle mesure pour de nouvelles menaces…

Le gros bémol du récit reste néanmoins le dessin de Mahnke, réaliste, correct mais sans plus. On préfère de loin celui de Year One ou même de The Long Halloween entre lesquels ce comic s’inscrit. The Who Man Laughs est donc un récit intéressant à lire mais pas indispensable, qu’on oublie facilement au profit d’autres comics plus majeurs…

Les plus:

  • la « première » apparition du Joker
  • retour au Joker original
  • influence d’autres comics majeurs

Les moins:

  • dessin moyen
  • second récit dans l’album qui n’a aucun rapport

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Batman : Joker


Pour la sortie du film The Dark Knight, DC Comics avait commandé en 2008 un album dédié au personnage du Joker, dans un style proche du film. Ecrit par Brian Azzarello, dessiné par Lee Bermejo et mis en couleur par Patricia Mulvihill, cet album, intitulé tout simplement Joker, fut édité en 2009 chez Panini Comics. Ce fut pour moi un réel coup de coup de coeur et surtout mon premier comic de Batman, qui me donna goût à cet univers. Je reviens donc dessus 3 ans plus tard, par nostalgie…

Cet album sombre et mature fut aussi acclamé que critiqué car il prend clairement un parti-pris sur le Joker. Exit le classique clown coloré aux multiples gadgets mortels, voici venu le temps du psychopathe, chef de pègre au maquillage crasseux, avide de sexe, de drogue et de destruction…On retrouve ici clairement l’inspiration du Joker de Nolan, joué remarquablement par feu Heath Ledger. Ce parti-pris enchantera les fans du films mais pourra décevoir les puristes, férus de comics. En ce qui me concerne, les deux facettes du Joker sont aussi intéressantes et se complètent. L’ album pourrait d’ailleurs, même s’il est indépendant, être une suite directe du film car il commence magistralement par la libération du Joker d’Arkham, bien décidé à reconquérir son territoire: Gotham City.

Seulement les chefs de pègres locaux se sont appropriés ce territoire, il va donc falloir faire du ménage. Au passage le Joker se fera des alliés comme des ennemis dans la galerie habituelle des méchants: Harley Queen, Killer Croc, le Pingouin, le Sphinx, Double-face…Rien de bien original pour le moment, me diriez-vous, détrompez-vous! Azzarello a eu en effet la brillante idée de faire d’un simple acolyte le narrateur principal.

Jonny Frost est en effet un petit looser, reconverti depuis peu au banditisme, un individu pommé que le hasard a plus ou moins amené au crime. Il pourrait être vous ou moi. Or ce « nettoyeur », comme on dit dans le jargon criminel, est désigné pour aller chercher Joker le jour de sa sortie d’Arkham. S’en suit une certaine affection de la part du Joker envers Jonny, enfin on sait jamais trop avec le Joker, qui entraîne le lecteur dans diverses péripéties.

Peur, fascination, dégoût, compassion…la relation de Jonny Frost avec son « mentor » est bien complexe et remarquablement écrite par Azzarello, malgré des éléments d’intrigue peu explicités. Le scénario donne lieu à une véritable autobiographie où Jonny Frost nous confie ses joies, ses tristesses, ses doutes et surtout témoigne du malaise d’un monde où, pour survivre, le menu fretin doit côtoyer les gros méchants et flirter avec la mort…

Qu’en est-il de Batman dans tout ça? Second point fort du récit: Batman est quasiment absent, on le voit juste sous forme d’ombre parmi les gargouilles telle une sentinelle silencieuse mais menaçante. Comme nous sommes du point de vue des « méchants », Batman est ici une menace, une machine à justice effrayante, « le chevalier noir », cependant seul remède efficace contre la folie du Joker.

Car n’allez pas croire que le Joker est un simple chef de pègre excentrique, c’est un véritable psychopathe cruel et pervers, commettant d’affreux meurtres et dont le rire démoniaque envahit sans cesse les planches et donc votre esprit de lecteur. On a beau être fasciné par le Joker, on est bien content d’avoir Batman de notre côté…

Enfin cet album ne serait pas une réussite sans le talent de Bermejo déjà remarqué pour Deathblow, du même scénariste. Ce dessinateur alterne planches de peintures magnifiques, laissant rêveur et dessins aux coups de crayons bien prononcés, donnant un effet de réalisme saisissant. Certaines planches comme la sortie du Joker d’Arkham ou le duel final sont tout simplement ahurissantes.

Par ailleurs Batman et ses ennemis ont subi un relooking plus réaliste pour coller avec le film de Nolan: Harley Queen est devenue une prostituée, Killer Croc un simple chef de gang à la peau écailleuse, le Sphinx une fashion victim…Certains parmi vous pourront être décontenancés mais tout participe d’une intrigue et d’un style cohérents, matures, sombres et franchement appréciables. Un grand moment de lecture même si cet album n’a pas de répercussion dans la chronologie évènementielle du chevalier noir…

Les plus:

  • un récit original et mature
  • un dessin remarquable
  • un relooking plus réaliste des personnages
  • un comic de Batman quasiment sans Batman
  • le Joker dans toute sa splendeur fascinante

Les moins:

  • parti-pris concernant le Joker
  • relooking radical des personnages
  • intrigue parfois confuse

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L’avis de Batman :

Il y a du bon et du moins bon dans ce « JOKER ». Je dirais que le gros point fort qui justifie à lui seul la lecture de l’album reste la qualité de ses dessins. La patte de Lee Bermejo est tout simplement superbe tout au long de l’album, on prend plaisir à chaque case devant la beauté des illustrations.
Je dirais que l’album m’a un peu plus déçu du coté du scénario, même si l’idée de placer le narrateur comme étant finalement un personnage secondaire est très intéressante. On pourrait reprocher à l’album de ne pas avoir de véritable trame, on suivra juste le Joker de sa sortie de l’asile jusqu’à la dernière page sans véritable fil conducteur. Pas de réel suspens ni de rebondissement. Pas de grosses références à l’univers de Batman non plus. Finalement, cet album conviendra parfaitement aux néophytes, et à sa cible principale : les fans de The Dark Knight qui veulent s’essayer au monde des comics. Mais même si l’histoire de cet album ne marquera pas les esprits, il n’en reste pas moins intéressant à lire.

Batman – Silence

Réédité le 13 octobre par Panini Comics, Batman – Silence est une histoire qui date déjà de 2003 (édité pour la première fois en France en 2004). Nous vous proposons aujourd’hui une petite critique de cette album qui sans être un indispensable a posé les bases des aventures de Batman de 2003 jusqu’à aujourd’hui.

Batman - Silence
Batman - Silence

Cette réédition de Batman – Silence sort un peu hors contexte, mais c’est l’occasion pour les retardataires de profiter de cette histoire de Batman. En effet, à sa sortie il y a 7 ans, Batman Silence était le point d’entrée idéal pour s’insérer dans la mythologie Batman. L’histoire se présente comme un gigantesque complot, et un grand nombre de personnages de l’univers de Batman y seront impliqués, alliés comme ennemis.

L’album débute d’ailleurs par une petite introduction qui raconte ce que tout fan de Batman se doit de savoir. Au scénario nous retrouvons Jeph Loeb à qui l’ont doit notamment Batman – Un Long Halloween et sa suite Dark Victory. Pourtant, si ces deux dernier albums sont des incontournables en proposant un scénario riche et prenant, Batman – Silence s’annonce bien plus classique. Même si l’histoire semble être un immense puzzle, on se retrouve avec une légère déception lorsqu’arrive le grand final. Mais de quoi parle bien l’histoire de Batman – Silence ?

Cet album a en fait introduit le personnage de Silence, qui est depuis devenu un habitué de la galerie des vilains de l’univers de Batman. Certains d’entre vous le connaisse déjà peut-être pour l’avoir croisé dans les réguliers édités par Panini Comics, ou encore dans l’album Le Cœur de Silence. On découvre ici qui il est, et bien évidemment sa première confrontation avec Batman. C’est également l’occasion d’en apprendre un peu plus sur l’enfance de Bruce avec la découverte de son meilleur ami d’enfance, Thomas Elliot.

Les flash back bénéficent d'une mise en couleur particulière très sympathique
Les flash back bénéficent d'une mise en couleur particulière très sympathique

C’est d’ailleurs Thomas Elliot, alors devenu un brillant docteur, qui sauvera la vie de Bruce Wayne dans la première partie de l’album alors que celui ci est au limite de la mort. Du coté du dessin, nous retrouvons le grand Jim Lee. Si son style reste très conventionnel, il a l’avantage de mettre tout le monde d’accord sur la qualité de son trait. L’album nous permettant de croiser un bon nombre de lieux et de personnages, c’est toujours un plaisir de les redécouvrir sous les trait de l’artiste, qui bénéficie d’une mise en couleur de très bonne qualité réalisé par Alex Sinclair. On saluera notamment le coté aquarelle des flash back.

La batcave vue par Jim Lee
La batcave vue par Jim Lee

Du coté des personnages, on retrouvera Killer Croc, Poison Ivy, Le Joker, Harley Quinn ou encore le Sphinx pour les plus psychopathes d’entre eux, tandis que Catwoman, Huntress, Oracle, Nightwing ou encore Superman viendront prêter main forte à notre héros. Chacun étant un pion dans le plan mis en place par le terrible Silence qui ne se révèlera bien sûr qu’à la fin du récit.

Batman aura l'occasion de faire un petit tour par Metropolis
Batman aura l'occasion de faire un petit tour par Metropolis

Même si Batman – Silence ne brille pas par son originalité, l’histoire possède un grand nombre d’élément qui seront des piliers de la suite des aventures de Batman. Nous ne les détaillerons pas ici afin de préserver la surprise pour ceux qui n’aurait pas lu l’histoire, mais vous êtes libre de venir en discuter sur le forum.

Le joker viendra mettre son grain de sable
Le joker viendra mettre son grain de sable

En bref, même si Batman – Silence n’est pas de ces grand albums  dont l’histoire vous marquent à la manière d’un long Halloween (même si les scénarios de l’un est de l’autre sont du même auteur); même si le style dessin ne vous intrigue pas telles les illustrations de Dave McKean dans Arkham Asylum; il n’en reste pas moins une pierre angulaire de la mythologie Batman.

Les plus:

  • L’introduction du personnage de Silence
  • La galerie de vilains
  • Bonne introduction à l’univers de Batman

Les moins:

  • La trame de l’histoire un peu classique
  • La révélation de fin un peu frustrante
  • L’histoire peu marquante

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Batman – Year One

Le 25 Août de cet année sortira une réédition chez Panini Comics d’un des meilleurs comics de Batman. J’ai nommé Batman – Year One ! Ce récit a redéfinit les origines de l’univers contemporain de Batman que nous connaissons aujourd’hui, et voici en avant première une petite critique de ce récit grandiose.

Batman - Year One
Batman - Year One

Batman – Year One, c’est avant tout un récit narrant la première année d’activité de l’homme chauve souris, à partir du jour où il revient à Gotham avec la ferme intention de la nettoyer du mal qui la ronge.
On retrouve le célèbre Frank Miller au scénario (300, Sin City) tandis que David Mazzucchelli occupe le poste de dessinateur.

L’histoire débute avec le retour de Bruce Wayne à Gotham, après 12 ans d’absence, il a alors 25 ans. Son retour coïncide avec la mutation du lieutenant James Gordon au sein de la police de Gotham. Ces deux personnages qui, comme nous le savons, occupent un rôle majeur dans l’univers de Batman, occupent ici les rôles principaux de l’histoire. Ainsi la narration va de l’un à l’autre, les auteurs jouant sur l’apparence des textes pour en différencier le propriétaire. Nous suivrons donc l’ascension de ces deux personnages tout au long de cet année qui marquera les débuts de la croisade du chevalier noir, et qui se terminera, comme on s’en doute, par une collaboration amicale entre Batman et Gordon.

La guerre est déclarée
La guerre est déclarée

Ce comics écrit à la fin des années 80 (en 1988 pour être précis) marque le tournant d’une « nouvelle ère Batman » telle que nous le connaissons aujourd’hui. C’est un univers sombre et réaliste, et là où cet album fait fort, c’est qu’il ne propose aucun super-vilain en tête d’affiche ! Et pourtant, il n’en perd pas en qualité bien au contraire. Batman luttera essentiellement contre la mafia, l’ennemi qui rode partout sans pour autant être attrapé.

Ceux qui on vu Batman Begins et The Dark Knight (le Chevalier Noir) retrouverons de nombreux points communs,  et c’est normal, Batman – Year One a en parti servit de base au premier film (seulement sur certains point, je tiens à le préciser). C’est un Batman jeune, qui apprend, que l’on voit évoluer au fil des pages. Pourtant tout ce qui caractérise le personnage est déjà là, et la psychologie des personnages de manière générale est extrêmement bien développé par Miller.

Les bat-gadgets sont de la partie !
Les bat-gadgets sont de la partie !

Comme je l’ai dit plus haut, Batman – Year One servira également de pilier aux origines de Batman dès sa parutions. On y découvre le personnage de Carmine Falcone, alias le Romain, puissant chef mafieux qui officie à Gotham City. Ce personnages sera d’ailleurs repris plus tard dans plusieurs récit, dont Batman – Un long Halloween, et sa suite Dark Victory.

On y découvre également les premiers pas de Catwoman, ou encore Harvey Dent alors procureur (destiné à devenir plus tard Double Face, mais c’est une autre histoire). En Bref, bien qu’aucun Joker ou Pingouin ne soit de la partie, Year One bénéficie malgré tout d’une galerie de personnages très réussi, même pour les plus secondaires (je pense notamment à Flass le ripoux ou encore Branden, le chef de la section d’assaut de la police de Gotham).

Personne ne sera à l'abris
Personne ne sera à l'abri

Le trait de Mazzucchelli colle parfaitement à l’ambiance de l’histoire. L’encrage un peu rétro pourra en gêner certains, mais il serait dommage de s’arrêter à ce genre de détail, alors que le style de dessin est très fin, réaliste et convainquant. Bien que cette histoire ai plus de 20 ans, elle a finalement très bien vieillit, ne serait-ce parce quelle est encore d’actualité lorsque l’on parle des origines du chevalier noir. Tout y est ! Le meurtre des Wayne, Zorro, Alfred, le manoir, la Bat-cave… Nous voyons comment petit à petit Bruce se forge une identité sous le masque et la cape de Batman, un homme chauve souris destinée à combattre le mal, et à retourner la peur contre les criminels.

Cette illustration est désormais culte
Cette illustration est désormais culte

Que dire d’autre sur Batman – Year One ? C’est pour moi un indispensable pour peu que l’on apprécie les comics, et à plus forte raison Batman. Il serait dommage de passer à coté de cette réédition par Panini Comics, d’autant plus qu’elle propose plus de 30 pages de bonus. On y retrouve des croquis inédits, les illustrations des couvertures originales, des extraits de script et même la toute première planche de BD de Mazzucchelli (il avait alors 6 ans).

Cette édition contient plus de 30 pages de bonus
Cette édition contient plus de 30 pages de bonus

Cette histoire permet à ceux qui ne connaisse pas du tout Batman de mieux comprendre ses origines, et au inconditionnels de parfaire leurs connaissances. Batman – Year One nous conte les origines d’un mythe, tout ce qui fait du Batman que nous aimons ce qu’il est aujourd’hui, alors pourquoi s’en priver ?

Mise à jour (30 Août 2010) : Ajout d’un petit descriptif des bonus contenus dans la réédition de Panini Comics

Les plus:

  • Un référence du genre
  • Les origines de Batman
  • Un récit prenant et de très grande qualité
  • Un style de dessin fin et soigné
  • Plus de 30 pages de bonus

Les moins:

  • L’encrage peut-être un peu vieillot
  • Rien d’autre. C’est un indispensable vous dis-je !

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