[CRITIQUE] The Killing Joke

There were this two guys in a lunatic asylum …
Si il y a bien une bande dessiné Batman dont la majorité des personnes s’intéressant soit à l’univers du Dark Knight, soit (même de loin) au monde du comics-book, ont entendu parler c’est bien celle-ci.
D’abord car elle est l’œuvre d’Alan Moore, grand nom du comic-books et auteur de Watchmen, V pour vendetta et bien d’autres.
Ensuite car au fil des années, et malgré l’amertume de son auteur, cette BD a été désigné comme « culte » pour beaucoup en plus d’avoir été cité a tour de bras comme « une des grandes influences » par les réalisateurs et auteurs ayant travaillé dans l’univers du Batman (Tim Burton en tête).

The Killing Joke
The Killing Joke

Il faut savoir que cette BD a connu de nombreuses rééditions. En France elle est sorti en premier lieu sous le nom « Souriez ! » avant d’être rééditée sous le même nom dans un format différent, pour ensuite être encore une fois éditée mais cette fois-ci sous le nom de « Rire et mourir » pour finalement nous tendre les bras en 2009 avec son nom original « The Killing Joke » dans une édition deluxe, recoloré par Bolland lui même à l’occasion des 20 ans de l’album.

La première chose qui nous saute aux yeux lorsque l’on découvre la BD, c’est sa couverture qui lie directement le comics aux lecteurs par un dessin, que tout ceux qui on fait quelques recherches sur le personnage du Joker ont déjà vu. La deuxième chose qui frappe arrive lorsqu’on la prend en main et que l’on se rend compte de l’extrême anorexie de l’œuvre. Comptez 46 pages pour l’histoire en elle-même, ce qui  a bien du mal à passer pour un prix neuf à 15€, alors que d’autre œuvre tout aussi bonne, voir plus et largement plus longue sont vendus à peu près au même prix (à plus ou moins 5€ prêt).

Tout comme la couverture, cette image est devenu culte au fil des ans

Pour l’histoire, je ne ferais que la survolé car beaucoup d’entre vous la connaisse déjà parfaitement (même sans l’avoir lu) et je pense qu’il est préférable pour ceux qui sont totalement étranger à celle-ci de la découvrir d’eux même.
Sachez simplement que, au départ, Batman vient rendre visite au Joker à Arkham, alors que celui-ci à décidé de prouver au monde que quiconque peut devenir fou à la suite d’une malheureuse petite journée. Sachez aussi qu’ici vous ne verrez que Batman et le Joker, il n’y a aucun guest parmi les super-vilains.
On y croise de nombreux monstres de foire qui bien qu’étant seulement au second plan, renforce l’atmosphère et l’ambiance oppressante de l’œuvre très bien mis en avant si on passe outre les défauts que je citerais après.

Pour finir par rapport à l’histoire, on peut quand même souligner le génie qui se dégage des dialogues et qui vous hanterons des jours durant, par exemple la célèbre tirade de Batman qui ouvre le comics et bien d’autres encore, même parfois les phrases les plus isolé.
La plupart des dialogues sont un vrai régal.

Why aren't you laughing ?
Why aren’t you laughing ?

Passons maintenant aux dessins, qui ont su résister au temps et ne tombe pas dans le Kitsch malgré son ancienneté (Elle a été publié en 1988 pour la première fois), même si cela est en grande partie grâce aux couleurs dont nous reparlerons un peu plus tard.

La première chose que l’on peut remarquer par rapport aux dessins en eux même, c’est qu’ils sont net, présentés dans des cases parfaitement ordonnées,  et propre, très propre, TROP propre ?!
Car, la ou dans la plupart des autres comics, le dynamisme saute aux yeux, ici il faut vraiment se plonger dans la lecture et avoir une petite dose d’imagination pour voir l’histoire prendre vie. Si vous êtes parti pour seulement survolé la BD ou si vous n’accrocher pas, aux premières lectures par exemple, vous tomberez sur une narration extrêmement fade, statique et sans saveurs.
Mais une fois plongé dedans on voit l’histoire sous un nouveau jour et les planches gagnent une intensité assez remarquable s’alliant parfaitement avec l’atmosphère oppressante du récit.

Les planches de cette édition deluxe ont été intégralement recoloré

Par rapport aux couleurs maintenant, et ici nous parlerons de l’édition deluxe sorti il y a peu et re-colorisé par Brian Bolland (c’est le principale changement apporté à cette version avec quelques dessins rajoutés et certains détails retouchés comme le cercle jaune autour du symbole de chauve-souris ornant la poitrine du chevalier noir qui a été enlevé) c’est une véritable réussite, déjà par rapport  aux flash-back qui sont maintenant (dans l’édition deluxe) en noir et blanc avec simplement la couleur rouge/orangé en plus(à la manière de certains volume de Grendel par Matt Wagner ou de Sin city par Monsieur Miller).
Pour le reste, la BD reste assez coloré sans basculé dans l’excès et garde une certaine cohérence visuelle, on n’aura pas de coup de folie par le dessinateur (dans les dessins non plus d’ailleurs) qui viendront brusqué les yeux des lecteurs, le tout reste très homogène et très plaisant à lire, les couleurs étant une des grandes réussites de ce comics.

Les flash-back ont eu droit à une recoloration particulière

Et cela me permet d’enchainer sur un point, inévitable lorsque l’on parle de cette œuvre, le Joker. Car le coup de maitre de Brian Bolland, principalement grâce aux couleurs et aux ombrages, est de retranscrire à la perfection la palette émotionnelle du personnage, il nous terrifie lorsque ces yeux sont plongé dans l’ombre, nous fait rire avec ces yeux baigné de lumière, et on va même jusqu’à avoir pitié pour lui.
Les dessins ne sont pas en reste et il suffit de le voir se déplacé avec sa canne pour sentir toute l’essence du personnage.

Mais au delà de ça il reste un sujet à débat, de la même façon que Shadow dans Sonic ou pour bien d’autres personnages charismatiques qui marquent a jamais une  série, est-ce une bonne idée de donner un passé au Joker ?

Car comme on l’a vu dans « The Dark Knight », le film de Nolan,  le Joker n’a jamais eu autant de présence et de force que lorsqu’il vient de nulle part et que l’on ne sait rien sur lui. Alors bien sur, Alan Moore sous entend dans l’histoire que les souvenirs du Joker sont  déformés qu’ils sont plutôt comme les morceaux d’un fantasme plus que d’un véritable passé, mais qui dans les lecteurs lira ce comics de cette façon ?

Etait-ce une bonne idée de donner un passé au Joker ?

Donc tout n’est pas rose, et même c’est loin de l’être.
En plus de ce point, Alan Moore a depuis longtemps, renié son comics, le trouvant « raté » à cause de sa violence trop gratuite et lorsque l’on se plonge dans les avis des internautes, dans la partie underground des fana de comics et de l’univers de Batman, beaucoup pensent que ce comics est surestimé et qu’il ne mérite pas son rang de « Culte ».

En bonus : La version deluxe possède une histoire inédite de 6 pages, écrite et dessiné par Brian Bolland mais qui n’a absolument aucun intérêt pour ceux qui ne sont pas fan du Monsieur.

« An innocent guy », le petit bonus dispensable de cette édition deluxe

Finalement que reste-il  de ce Killing Joke : Une bande-dessiné courte mais fort plaisante si on arrive à se plonger dedans, à conseiller plutôt a ceux qui aimerais rentrer dans l’univers des comics et de Batman par la « grande porte » mais qui réserve de bien mauvaises surprises aux experts en la matière ou à ceux qui en attende un chef d’œuvre.
Pour les fans du Joker je leurs conseillerais fortement de feuilleter quelques pages avant l’achat car ce comics dit-culte peut renforcer l’image qu’ils ont du personnage mais peut tout aussi bien casser un peu le mythe de ce Clown venu de nul part.

Les plus:

  • L’atmosphère et l’ambiance dégagé par l’histoire
  • Les dialogues
  • Les couleurs et les ombrages
  • La puissance qui se dégage de cet affrontement (Joker/Le monde) tout au long du comics, mais…

Les moins:

  • … qui laisse un arrière gout amer de fruit-sec, si on ne se plonge pas véritablement dedans.
  • Le nombre de pages (trop court)
  • Est-ce vraiment une bonne idée de vouloir donner un passé au Joker ?
  • La violence gratuite (selon Alan Moore, à vous de forger votre propre avis par rapport à cela)

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    12 réflexions sur « [CRITIQUE] The Killing Joke »

    1. Personnellement j’ai adoré ce comics. Pour avoir lu en français et anglais, La VF est de qualité (même si rien ne vaut la VO pour le style particulier de Moore). Entre les deux éditions, j’ai tendance à préférer la recolorée, même si l’originale à un certain charme.

      En tant que fan de Batman, pour moi cette BD reste culte, ne serait-ce que pour la scène final !

    2. Et en tant que Joker, je ne trouve pas vraiment cette oeuvre culte par rapport a ce qu’elle apporte au personnage, autant la relation batman/Joker est superbement travaillé autant l’histoire du Joker casse le myth , j’attend de voir se que sa donne dans Lover and Madmen , une autre BD qui retrace les origines du Joker que j’aurais a Noel ^^

    3. En lisant ce comics j’étais vraiment révolté (enfin pas tant que ça tout de même :p), un passé au Joker ? Ça n’avait aucun sens, surtout que je venais de pester contre le premier film de Batman made in Burton pour la même raison.
      Arrivé à la fin du comics tout était parti car je trouvais ce passé presque parfait, attention pas parfait en ce qui concerne l’histoire, car cela reste très banal tout de même, mais parfait dans le sentiment que l’on éprouve en la lisant. Ce passé est une comédie tragique, une tragique comédie, tout comme le Joker, et que dire de la scène ou (attention léger spoiler, je continue à écrire pour que vous ayez le temps de freiner, si vous n’avez toujours pas arrête de lire c’est que vous êtes en excès de vitesse de lecture !) le Joker apprend que sa femme est morte !
      Ce comics est culte !

    4. Je trouve qu’on surestime beaucoup Alan Moore, certes ce qu’il fait est parfois bien, mais y’a aussi beaucoup de n’importe quoi, il a la fâcheuse tendance d’emmêler les histoires, du coup on se retrouve avec un flash back qui n’a rien à faire là, je n’avais pas été choqué par cette alternative car on la retrouve dans un des Batman de Panini. Sinon j’ai pas mal apprécié la trame principale et surtout la blague de fin du Joker.

    5. J’ai oublié de préciser que les transitions histoire principale / flash-back sont super bien fait

      Pour le fait qu’Alan Moore soit surestimé je suis pas vraiment d’accord, mais par contre que The Killing Joke le soit je commence a le penser

    6. Je dis pas que ce qu’il fait n’est pas bon, au contraire, mais sur des forums de comics type Panini (enfin le forum n’existe plus maintenant) on dirait qu’ils atteignent l’orgasme dès qu’ils lisent du Moore, que c’est le plus grand scénariste de comics… J’ai pas lu tous ces travaux, mais son travail sur Watchmen et Star Wars m’a laissé sur ma faim.

    7. Tout comme The Killing Joke qui peut aussi laisser sur sa faim je pense ^^
      Enfin elle est bien comme BD mais je pense pas que se soit un indispensable

    8. culte, et même si c’est pas la meilleure bd de Moore, elle reste très intéressante à lire.

      De plus, comme pour Watchmen, il est intéressant de relire l’album pour voir les différents niveaux de lecture, et surtout la grande qualité de mise en scène du découpage.

    9. Une bonne surprise. Même si il ne fait pas parti de mes batman préférés il est vraiment intéressant et rempli son contrat en faisant vivre une expérience aux fans.
      Le final m’avait beaucoup surpris à l’époque, je ne m’attendais pas à ça.

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