« Je n’ai pas fait ‘Frankenstein’, j’ai fait ‘La Mariée !' » : Maggie Gyllenhaal propose une réécriture inédite d’un classique du cinéma

Après la plus récente adaptation de l’œuvre de Mary Shelley, vient « The Bride ! film réalisé par Maggie Gyllenhaal, qui a récemment pris la parole lors d’une webinaire sur l’origine, le ton et l’intention de son deuxième film en tant que réalisatrice, une relecture du mythe de Frankenstein qui, dès le titre, cherche à déplacer le centre de l’histoire. Au lieu d’une adaptation classique, la cinéaste insiste sur le fait qu’il s’agit d’une histoire différente, avec sa propre voix et une ambition formelle volontairement plus grande que celle de ses débuts.

Cela pourrait également vous intéresser : « Frankenstein 2 » : Mia Goth explique pourquoi la suite de Guillermo del Toro n’aura pas lieu

Pourquoi « La mariée ! » N’est-ce pas un film sur Frankenstein ?

Au cours de l’exposé, Maggie Gyllenhaal a clairement corrigé une lecture qui circule déjà même parmi ses collègues et connaissances. « Oh ouais, tu as créé Frankenstein », lui dit-on souvent. Sa réponse, dit-il, est à la fois directe et prudente : « Non, je ne l’ai pas fait. J’ai réalisé Bride of Frankenstein. » La précision n’est pas un détail mineur. Pour le réalisateur, il est important de souligner que l’histoire ne tourne pas autour du monstre, mais plutôt de la femme ramenée à la vie pour l’accompagner.

Ce déplacement narratif naît d’un constat précis. Gyllenhaal a rappelé à quel point l’image de la mariée originale (interprétée par Elsa Lanchester dans « La Fiancée de Frankenstein » de 1935) l’avait impactée avant même qu’elle ne revoie le film. En le revisitant, il a découvert quelque chose qui était essentiel : la mariée n’apparaît que quelques minutes et ne dit pas un seul mot. Malgré cela, sa présence est puissante. « Elle se réveille et dit non », résume la réalisatrice en expliquant pourquoi elle a trouvé là une porte d’entrée pour raconter une autre histoire.

À partir de cette prémisse, « La mariée ! » Il est construit comme une histoire qui demande ce qui se passe lorsque cette figure, traditionnellement secondaire, revient avec des désirs, des peurs et un agenda qui lui est propre. Il ne s’agit pas de nier la solitude ou la souffrance du monstre, mais de remettre en question l’idée selon laquelle son besoin justifie automatiquement son existence.

Dire « la vérité » dans un film plus grand et plus bruyant

Le changement d’orientation impliquait également un changement d’échelle. Après « The Lost Daughter », un drame intime et contenu, Gyllenhaal se demandait ce qui se passerait s’il essayait un registre opposé. Le cinéaste l’a formulé ainsi : « Je me suis demandé, après cette expérience, en voyant cela arriver, que se passerait-il si j’essayais de dire la vérité sur autre chose et de le faire de manière grand et pop ? Plus tard, il est allé encore plus loin : « Et si nous allions vraiment droit au but et disions la vérité à ce sujet, mais que nous le faisions de manière brûlante, de manière très brûlante ?

Cette impulsion se reflète à la fois dans le ton et dans la mise en scène. « La mariée ! » se déroule dans une version stylisée des années 30, traversée de références au cinéma classique, au noir et à une sensibilité contemporaine que le réalisateur qualifie de volontairement hybride. Il ne s’agit pas d’un portrait historique exact, mais plutôt de « Les années 1930 à travers le centre-ville de New York, de 1981 à aujourd’hui », une époque filtrée par l’imagination et la mémoire culturelle.

Le film a également été conçu pour être projeté en IMAX, un format que Gyllenhaal a exploré dans une logique émotionnelle plutôt que technique. Comme il l’a expliqué, le changement de format d’image répond à des moments de fantaisie, de rêve ou d’éruptions magiques, renforçant l’idée que le cinéma (et la fantasy) a été un refuge pour des personnages profondément solitaires.

Un film « punk » sur l’identité, l’amour et le mal-être

Lorsqu’on lui a demandé si « La mariée ! » pourrait être défini comme une œuvre punk, Gyllenhaal n’a pas hésité : « Oui, je pense que le film est punk, oui. » Pour elle, le terme ne se limite pas à une référence esthétique ou musicale, mais à une attitude : « Le punk est-il juste une célébration de quelque chose qui ne rentre pas facilement dans une étiquette ? Eh bien oui. Oui, le film est totalement punk. »

Maggie Gyllenhaal et Jessie Buckley à CinemaCon 2025 (Photo : Jerod Harris/Getty Images pour CinemaCon)

Cette idée traverse à la fois le personnage central (joué par Jessie Buckley) et la dynamique de Frankenstein joué par Christian Bale. La mariée revient à la vie sans souvenirs clairs ni cadre pour lui dire qui elle devrait être. Une partie de son parcours consiste justement à répondre à une question que le cinéma pose presque toujours aux figures masculines depuis des décennies : « Qui suis-je ?

Dans ce contexte, « La mariée ! » Il est également présenté comme une histoire d’amour, bien que loin de l’idéal romantique. Gyllenhaal l’a décrit comme « une histoire d’amour très profonde sur une connexion très imparfaite », traversée de plaisir, de fantaisie, de frustration et de zones sombres. Il n’y a pas de promesses d’harmonie ou de fins confortables, mais plutôt une relation marquée par la tension entre ce que l’on désire et ce que l’on est capable d’offrir.

Produit par Warner Bros. Pictures et dont la sortie est prévue en mars 2026, « The Bride ! » Il apparaît comme un pari ambitieux qui évite les étiquettes faciles. Selon les mots de son réalisateur, c’est un film qui cherche à dire des choses longtemps restées non dites, et ce, sans demander la permission, avec un volume élevé et une exclamation dès le titre.