L’arrivée de Spider-Noir marque un point particulier au sein de l’écosystème des adaptations Marvel : une série qui dialogue avec les classiques du film noir, joue avec l’iconographie de la bande dessinée et propose une double expérience visuelle (couleur et noir et blanc). Au centre du projet se trouve Nicolas Cage, qui fait ses débuts à la télévision avec un personnage qui s’éloigne du Spider-Man habituel et qui, selon lui, a été construit à partir de références très spécifiques du classique hollywoodien et de l’animation.
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Comment Nicolas Cage a-t-il construit sa version de Spider-Man ?
En entretien avec ÉcuyerCage détaille que son approche du personnage est partie d’un mélange non conventionnel mais délibéré. « Pour moi, ce personnage, c’était 70 % de (Humphrey) Bogart et 30 % de Bugs Bunny », a expliqué l’acteur, avant de souligner : « Mais c’est 100% moi. » L’idée, dit-il, était de reprendre la cadence et le ton du film noir des années 1930 et 1940 (y compris le rythme des dialogues associé à des personnages comme Humphrey Bogart) et de le fusionner avec un humour plus sarcastique, presque caricatural.
L’acteur souligne qu’en plus de Bogart, il a passé en revue le travail d’interprètes tels que James Cagney et Edward G. Robinson, tout en insistant sur le fait que Bogart était l’axe principal. Pour Cage, ce style « plus grand que nature » correspond à l’idée d’un super-héros noir qui ne cherche pas à paraître réaliste, mais plutôt délibérément stylisé.
Ben Reilly, pas Peter Parker
Un autre point clé du projet est que Cage ne joue pas Peter Parker. Dans cette version, le protagoniste est Ben Reilly, un personnage qui, dans le canon Marvel, est connu comme un clone génétique de Parker. Cette décision a permis, selon l’acteur lui-même, d’explorer une identité différente et moins liée à ce que le public sait déjà du héros.
Cage avait déjà prêté sa voix à une version animée du personnage dans « Spider-Man : Into the Spider-Verse » (2018), mais il souligne que l’approche est désormais complètement différente. Selon les mots de l’acteur, le processus créatif a commencé lors d’une rencontre avec le co-showrunner Oren Uziel, où il a présenté son idée de mélanger le noir classique avec l’imagination de Marvel. Ce n’est qu’à la première lecture continue, se souvient-il, qu’il perçut un réel intérêt à pousser cette proposition jusqu’à ses conséquences ultimes.
Les producteurs Phil Lord et Chris Miller, précédemment liés à l’univers animé « Spider-Verse », ont également apporté une lecture particulière du travail de Cage. Lord a résumé ainsi la performance de l’acteur : « Je suis une araignée qui essaie de se transformer en humain. »
Noir et blanc, couleur et double expérience
L’un des éléments qui a le plus retenu l’attention dans « Spider-Noir » est son approche visuelle : la série peut être vue aussi bien en noir et blanc qu’en couleur. Selon Nicolas Cage, cette idée était présente dès les premières étapes de développement, à une époque où le projet générait encore des réservations au sein de la plateforme. Pour l’acteur, le noir et blanc rejoint directement la tradition du film noir et l’atmosphère qu’il recherchait pour son interprétation.

La possibilité de proposer deux versions répond également à une intention narrative. Cage estime que le changement de format modifie la façon dont le spectateur se rapporte à l’histoire et aux personnages. Alors que la couleur accentue l’héritage de la bande dessinée et une esthétique plus expressive et saturée, le noir et blanc souligne les contrastes, les zones grises et l’ambiguïté morale qui définissent le genre.
« Spider-Noir » arrivera au printemps via MGM+, avec une distribution ultérieure sur Prime Video, et s’impose comme l’un des paris les plus insolites dans le panorama actuel des séries de super-héros, tant pour sa proposition esthétique que pour son approche narrative.
Avec les informations de Écuyer.