Netflix est réapparu sur le radar politique et corporatif des États-Unis. Dans le contexte de l’éventuelle intégration avec Warner Bros. Discovery, se confirme une enquête institutionnelle qui place l’entreprise dans une position délicate quant à l’avenir du divertissement et à la concentration du pouvoir dans l’industrie audiovisuelle.
Depuis des semaines, les discussions étaient restées sur la scène financière, les dirigeants et les actionnaires mesurant leur force. Mais le scénario a changé lorsqu’il a commencé à impliquer directement les régulateurs fédéraux.
Bien que les parties impliquées insistent sur le fait que tout examen ferait partie d’un processus normal, les récentes mesures prises par le gouvernement américain suggèrent que le processus pourrait être plus profond, plus long et avoir des conséquences qui transcenderaient une seule transaction d’entreprise.
Pourquoi Netflix fait-il l’objet d’une enquête ?
L’enquête formelle récemment confirmée par le ministère de la Justice des États-Unis place Netflix sous l’œil d’un examen antitrust qui cherche à déterminer si l’acquisition de Warner Bros. Discovery pourrait réduire la concurrence ou pousser le marché vers une concentration excessive.
L’autorité fédérale, par l’intermédiaire de sa division antitrust, a adressé des demandes d’informations civiles à des personnalités importantes du secteur. Son objectif est de comprendre dans quelle mesure Netflix exerce une réelle influence sur les décisions créatives et financières.
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Le principal intérêt du ministère de la Justice est l’impact structurel qu’aurait l’ajout du catalogue, des franchises et de l’infrastructure de Warner Bros. sur une plateforme qui domine déjà le marché mondial du streaming.
Selon un nouveau rapport de date limitel’enquête est couverte à la fois par le Clayton Act et le Sherman Act, deux piliers historiques du droit antitrust américain qui s’activent lorsqu’une opération pourrait « créer un monopole ou affaiblir considérablement la concurrence ».
Les candidatures comprennent des pièces documentaires et des réponses sous serment, avec une date limite fixée à fin mars. Cela suggère que l’examen ajoutera des mois supplémentaires à toute conclusion définitive de la transaction.
Les objectifs de Netflix et Paramount
L’enquête se déroule au milieu d’une bataille entre Netflix et Paramount pour le contrôle des actifs les plus précieux de Warner Bros., d’une lutte pour des offres de plusieurs millions de dollars et de manœuvres juridiques.
Netflix défend sa proposition comme une opportunité pour préserver les studios et garantir la stabilité dans un secteur qui ne s’est pas encore complètement remis de la pandémie et des grèves à Hollywood. L’entreprise insiste sur le fait que l’opération vise à élargir l’offre au public et à renforcer la production mondiale, idées que ses avocats ont répétées devant les législateurs et les médias.
Paramount, pour sa part, soutient que le rachat par Netflix concentrerait trop de pouvoir dans une seule entreprise. Cela réduirait la marge de négociation des créateurs, ainsi que la diversité des modèles de distribution.

Le ministère de la Justice, en demandant des informations indépendantes à des tiers, semble vouloir aller au-delà des discours des entreprises. Il cherche à mesurer l’effet réel qu’aurait un géant du streaming en absorbant l’un des studios les plus influents de l’histoire.
L’avenir du cinéma
Au-delà de Netflix et de la Paramount, l’enquête nous raconte le destin du cinéma et l’équilibre entre salles, studios et plateformes numériques. Les chaînes de cinéma et les associations créatives observent de près le processus. Ils sont bien conscients qu’une décision favorable à Netflix pourrait redéfinir les fenêtres de sorties et les rapports entre box-office et streaming.
La question est de savoir si une société comptant des millions d’abonnés pourrait imposer des conditions qui rendraient l’expérience théâtrale secondaire, même si elle promet publiquement de maintenir de larges diffusions. Le résultat de l’enquête créera un précédent pour les futures fusions dans le secteur, surtout maintenant que la frontière entre technologie et divertissement est de plus en plus floue.
Pour l’instant, Netflix insiste sur le fait qu’il coopérera avec les autorités et qu’il n’y a aucune intention monopolistique.
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