Le débat sur l’avenir du cinéma mexicain a de nouveau pris forme au Congrès, où a été soulevée la nécessité d’actualiser un cadre juridique qui ne répondait plus à la dynamique actuelle de production et d’exploitation. Les législateurs des différents partis ont convenu que l’industrie audiovisuelle est confrontée à un scénario différent de celui d’il y a plusieurs décennies, désormais saturé de plateformes numériques et d’une manière différente de consommer le contenu.
Dans cette optique, l’initiative promue par la présidente Claudia Sheinbaum a progressé régulièrement parmi ceux qui faisaient appel à la fois à l’identité culturelle et au développement économique. La proposition vise à intégrer le cinéma traditionnel et l’écosystème audiovisuel contemporain dans lequel nous vivons aujourd’hui dans une seule réglementation.
La nouvelle loi sur le cinéma proposée par Claudia Sheinbaum approuvée au Mexique
La Chambre des députés a approuvé la nouvelle loi fédérale sur le cinéma et l’audiovisuel à l’unanimité, avec 466 voix en faveur en général et 462 en particulier. L’avis, rendu ce mardi 24 mars, annule la législation en vigueur depuis 1992 et a été transmis au Sénat pour poursuivre son processus législatif.
Lors du débat en séance plénière, la députée Alma Lidia de la Vega a soutenu que la réglementation précédente ne correspondait plus à la réalité actuelle. Il a souligné que la manière dont le contenu est produit a changé à jamais, ce qui nécessite une mise à jour de la loi.
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Le nouveau projet établit un cadre complet qui couvre la production, la distribution, la promotion, l’exposition et la préservation des œuvres cinématographiques et audiovisuelles. Il reconnaît également ces expressions comme des véhicules culturels ayant une grande portée sociale et économique, en plus de garantir l’accès à la culture selon les principes de pluralité et de diversité.
Comment le cinéma mexicain en bénéficiera-t-il ?
L’un des points forts de la nouvelle loi est la mise en œuvre d’incitations fiscales destinées à ceux qui participent aux différentes étapes du processus audiovisuel. La proposition envisage des incitations pouvant atteindre jusqu’à 30% des coûts de production, ce qui vise à faciliter la réalisation de projets confrontés à des difficultés d’obtention de financement.
Par ailleurs, un quota minimum de projection est fixé pour le cinéma national dans les salles commerciales, ainsi que des aménagements de la durée des films en salles. Ces mesures élargiront la présence des productions mexicaines face à la domination du contenu étranger dans les espaces d’exposition, notamment hollywoodiens, toujours présents et offrant les meilleures opportunités dans les théâtres mexicains.
Le règlement comprend également des dispositions concernant l’inclusion et l’accessibilité. De même, il comprend un soutien aux communautés minoritaires telles que les communautés autochtones et afro-mexicaines, dans le but d’élargir la diversité des voix au sein du secteur.

Un autre point à mentionner est l’obligation de sauvegarder une copie de chaque film mexicain à la Cinémathèque nationale, dans le but de préserver le patrimoine audiovisuel. Des responsabilités seront également confiées à des institutions telles que le ministère de la Culture, l’Institut mexicain de la cinématographie et d’autres entités liées au développement du secteur.
Il convient de mentionner que certaines voix au sein de l’opposition ont averti que la loi pourrait rester sur papier si des ressources suffisantes ne sont pas allouées à sa mise en œuvre. Les législateurs ont souligné qu’étendre les droits sans soutien budgétaire pourrait limiter la portée réelle de la nouvelle loi.
Films mexicains bénéficiant d’incitations fiscales
Le système de relance a été un outil fiable pour le développement du cinéma mexicain. Roma, réalisé par Alfonso Cuarón et sorti en 2018, a obtenu un financement partiel grâce à des programmes de soutien qui ont facilité sa production et sa circulation internationale. Le film a atteint les Oscars et a marqué une étape importante dans son année de sortie.
I’m No Longer Here, de Fernando Frías, et The Wild Region, d’Amat Escalante, ont également bénéficié de mécanismes favorisant des projets aux propositions particulières et non conventionnelles. Ces films ont trouvé des espaces dans les festivals et les plateformes, ont dépassé les théâtres traditionnels et sont devenus des références du septième art national.
La prochaine étape de la nouvelle loi proposée par Claudia Sheinbaum résidera dans son application et dans la manière dont elle parviendra à répondre aux défis auxquels le secteur est actuellement confronté.
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