Paul Schrader, scénariste de « Taxi Driver » et réalisateur de « First Reformed », va de l’avant avec un projet qui porterait son intérêt pour l’intelligence artificielle à un nouvel extrême : un film construit avec des interprètes générés par l’IA au lieu d’acteurs connus. Le cinéaste, qui est actuellement à Venise pour promouvoir « Les bases de la philosophie », a confirmé à Le journaliste hollywoodien qui travaille sur un film reconfiguré autour de « prototypes humains » créés artificiellement. Il a également parlé sans détour de l’impact sur l’emploi que ce type de production pourrait avoir à Hollywood.
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Quel film Paul Schrader veut-il faire avec des acteurs générés par l’IA ?
D’après le contexte de ses déclarations, le projet serait « Three Guns at Dawn », un film que Schrader a écrit pendant les grèves hollywoodiennes de 2023. Le film était initialement lié à Netflix et avait Antoine Fuqua, réalisateur de « Training Day », comme producteur, bien que cette approche ait changé depuis et Fuqua n’est plus lié à la production.
Schrader a décrit la nouvelle version comme « une histoire de film noir sur trois frères – un flic corrompu, un trafiquant de drogue et un tueur en série – construit autour de prototypes humains générés par l’intelligence artificielle au lieu d’acteurs célèbres. »
L’histoire suivrait trois frères dans le sud de Los Angeles : un flic corrompu, un trafiquant de drogue et un tueur en série. La différence serait au niveau du casting, puisque Schrader entend se passer des stars traditionnelles et développer des personnages humains créés grâce à l’intelligence artificielle.
Schrader veut également utiliser l’IA pour recréer des expériences psychédéliques
« Three Guns at Dawn » n’est pas le seul projet dans lequel le cinéaste envisage d’utiliser cette technologie. Schrader travaille également sur « Les portes de la perception », un film qui comprendrait environ 15 minutes de séquences générées par l’IA pour décrire les états hallucinatoires liés à l’ayahuasca.
Le réalisateur est depuis longtemps enthousiasmé par ces outils et a parlé publiquement de leur capacité à réduire les coûts et à modifier le processus de création. Son intérêt contraste avec celui des cinéastes qui défendent la participation humaine comme élément essentiel du travail audiovisuel.
Un autre de ses projets, « Non Compis Mentis », conserverait apparemment un casting traditionnel. Cela montre que Schrader n’a pas complètement abandonné le travail avec des acteurs, même si « Three Guns at Dawn » constitue son expérience la plus radicale à ce jour.
« Ces emplois ont déjà disparu » : Schrader répond aux critiques syndicales
La partie la plus controversée est survenue lorsqu’on lui a posé des questions sur les emplois qui pourraient disparaître à mesure que les productions se tournent vers des artistes synthétiques et d’autres outils génératifs.
Schrader a répondu : « Ces emplois ont disparu, bébé. Tu peux crier ‘Stop AI !' » autant que tu veux, mais tu ne peux pas l’arrêter.

Cette phrase résume une position qu’il a occupée ces dernières années : pour lui, l’expansion de l’intelligence artificielle ne peut être arrêtée, même si elle affecte les emplois au sein de l’industrie.
Ses déclarations se heurtent aux avertissements de cinéastes tels que Guillermo del Toro, Kane Parsons, Seth Rogen et Charlie Kaufman, qui ont critiqué les différentes utilisations de l’IA générative au cinéma. Del Toro a même prévenu que l’industrie s’approchait de « l’analphabétisme cinématographique », tandis que Parsons a déclaré que s’il pouvait faire disparaître ces outils, il le ferait probablement.
Schrader, en revanche, semble vouloir tester jusqu’où peut aller un film dans lequel les vrais acteurs ne sont plus indispensables devant la caméra.
Avec les informations de Club AV.