Je ne suis pas venu en critique, je suis venu en fan
Je dois l’accepter sans honte : je suis fan. Fan depuis tout petit, fan de cet être duveteux, carré et ridiculement optimiste dans lequel je me reconnais quand je ris de la vie même si tout est en ruine.
Je suis arrivée au cinéma pleine d’émotion. À tel point que j’ai acheté la boîte officielle de pop-corn Bob l’Éponge. Je n’allais pas juger. J’allais me revoir.
La luminosité de la 3D ne couvre pas ce qui n’est pas dit
Le film commence joyeux, lumineux, coloré. C’est réalisé en 3D et ça se voit. Nous avons évolué techniquement, oui. Le problème est qu’à mesure que l’image grandit, quelque chose d’essentiel rétrécit. Et cette absence n’est pas nommée, mais elle se ressent.
Bob découvre qu’il est plus grand maintenant. Ce détail minime le pousse à vouloir monter sur des montagnes russes et, en même temps, à affronter une peur qui reste intacte. Bon point de départ. Mais bientôt l’histoire prend une autre direction : des pirates, M. Krabs, des certifications absurdes et un piratage qui, honnêtement, ressemble plus à une procédure qu’à une aventure.
Le Flying Dutchman n’effraie plus… ni n’enchante
Le Flying Dutchman apparaît et il est difficile de le reconnaître. Non seulement à cause de la refonte, mais aussi parce qu’elle a perdu son caractère. Il est là, il remplit sa fonction, mais il ne laisse aucune trace. C’est un symptôme de tout le film : des personnages emblématiques utilisés comme pièces en mouvement, et non comme âmes narratives.
TikTok sous la mer
Le film ne fait pas confiance à son public. Pas même chez les enfants. À tout moment, il bombarde des stimuli, des blagues, des couleurs, des bruits, des mouvements. Comme s’il avait peur que quelqu’un cligne des yeux et le manque. Le rythme est tellement rapide qu’il faut faire un effort intérieur pour revenir à l’histoire. Et si moi, qui suis dispersé, je m’en aperçois, quelque chose ne va pas.
Où est le matériel ?
Arenita entre presque par engagement. A tel point que le film lui-même s’en moque. Et Squidward, le cœur acide et intelligent de la série, est relégué, gris, décoratif. Pour être un film, ils étaient nécessaires. Il manque beaucoup.
Et le pantalon ?
Pour être honnête : je n’ai jamais compris pourquoi Bob cherche son pantalon carré. Le titre promet une chose et l’histoire en promet une autre. Bien entendu, Patricio vole des scènes en en montrant plus que prévu. Étrange pour un film pour enfants, parfois inconfortable… mais indéniablement drôle.
Blagues lâches, nostalgie fragmentée
La fin est correcte. Travaux. Mais cela ressemble à un collage de blagues forcées ensemble, sans cette magie absurde qui a rendu Bob l’éponge profondément simple et profondément intelligent à la fois.
Pour qui oui… et pour qui non
Les enfants d’aujourd’hui vont l’adorer. C’est du bruit, de la vitesse, une stimulation constante.
Ceux d’entre nous qui ont grandi avec Bob, ceux de la vieille école, ont quitté le cinéma avec une question inconfortable, presque existentielle :
De quoi avais-je besoin… si tout était là ?
Verdict des tomates
80/100
Bob a grandi. La 3D brillait.
Mais le charme… restait flottant dans la mer.