Le cinéma mexicain récidive. What the Heart Says, le film de Basse-Californie réalisé par René Bueno, est devenu l’un des grands protagonistes du Chandler International Film Festival, un événement qui, année après année, cherche à jeter des ponts entre le cinéma indépendant et le public américain.
Ce que dit le cœur éblouit Chandler
Le Chandler International Film Festival se positionne comme une vitrine d’œuvres qui privilégient l’identité et le risque narratif plutôt que les formules. Dans ce contexte, le film de Bueno a retenu l’attention du jury pour son approche respectueuse de thèmes complexes et pour un travail d’acteur qui tient le coup sans problème.
A travers son profil Facebook, le réalisateur a partagé la bonne nouvelle. Meilleur film, Meilleur film latin et meilleur acteur pour Jaime Aymerich. Ce pas à pas de Chandler signifiait la validation d’un projet né loin des grands centres de production.
« Notre film de Basse-Californie, What the Heart Says, a remporté hier soir le prix du meilleur acteur pour Jaime Aymerich, du meilleur film latin et du meilleur film au Chandler International Film Festival en Arizona ! Le grand Enrique Torres, scénariste ; les merveilleux producteurs, Barbarella Pardo et Carolina Aymerich ; le maestro Alberto Lee, photographe ; avec Lorena González comme protagoniste, Sergio Valenzuela, Verónica Montes, Roberto Sosa, Axel Ricco, Sonia Couoh et Jeff Fahey. Applaudissements à tous.
Le séjour et le succès de Lo que dice el corazón en Arizona ont confirmé la possibilité d’un dialogue entre le cinéma régional mexicain et le public international sans diluer son identité ni son contexte social.
Une histoire que vous écoutez avant de parler
Au cœur de What the Heart Says se trouve Tomás (Aymerich), un père célibataire confronté à une maladie en phase terminale et à une inquiétude qui ne peut être retardée : son fils est atteint du spectre autistique et il ne sait pas ce qui lui arrivera lorsqu’il ne sera plus là. Kevin (Sergio Valenzuela) est présenté à partir de sa manière particulière de percevoir l’environnement.
L’arrivée de Marilyn (Lorena E. González), une jeune victime de la traite des êtres humains, modifie l’équilibre initial et ouvre un espace de coexistence entre trois personnages porteurs de blessures différentes.
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Production, territoire et enjeux sociaux
Des espaces comme le Parque Morelos ou le Malecón de Playas fonctionnent comme des lieux de vie pour What the Heart Says, traversé par des problèmes sociaux que le film observe attentivement.
Lorena, interviewée avec De bonnes personnes en avril de l’année dernière et a parlé de la grande responsabilité que représente le fait d’aborder des sujets tels que l’autisme ou la traite des êtres humains dans un film :
« La partie d’avoir ces thèmes si importants, si forts et si complexes a déjà une grande responsabilité, parce que vous racontez ces histoires, vous parlez de ces thèmes, et puis c’est la partie du travail que cela implique comme le travail émotionnel, interne et le travail aussi de s’informer en tant qu’actrice et d’être vraiment consciente de la façon dont ces situations se produisent dans la vraie vie pour pouvoir donner vie aux histoires et aux personnages de la manière la plus authentique. »

Aymerich a commenté le défi d’être acteur et producteur, un double défi qui impliquait de l’empathie et une conscience d’autres réalités complexes :
« Il y a une responsabilité ici en faisant cela. Donc j’ai beaucoup appris grâce à mes recherches en tant qu’acteur et producteur. Mieux comprendre les parents d’enfants autistes, mieux comprendre les personnes victimes de la traite, comprendre que ce n’est pas facile pour elles, ce n’est pas une chose facile, ni pour les filles victimes de la traite, ni pour les parents qui sont les héros qui doivent prendre soin de leur enfant autiste pendant longtemps. »
Ce que dit le cœur est une coproduction d’Hispana de Produccion et d’Aymerich Entertainment. La photographie d’Alberto Lee et la conception sonore de Carlos Bueno accompagnent l’histoire. Le scénario, signé Enrique Torres, maintient l’équilibre entre l’intime et le social sans transformer l’histoire en plaidoyer.
Le triomphe au Festival international du film de Chandler ne clôture pas le parcours de What the Heart Says, mais il marque un tournant. La reconnaissance internationale nous apprend qu’il existe des histoires locales capables de dépasser leur origine lorsqu’elles sont racontées avec honnêteté et rigueur.
Fontaine.
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