Dans le cinéma de science-fiction actuel, peu de propositions décident de regarder en arrière pour avancer. Project End of the World, réalisé par Phil Lord et Christopher Miller, raconte une histoire sur la survie de l’humanité et récupère des méthodes artisanales qui semblaient reléguées au domaine numérique. Dans ce décor magnifique se trouve Rocky, la créature extraterrestre sans visage qui parvient malgré tout à porter une bonne partie du film sur ses lourdes épaules.
L’interaction de Rocky avec Ryan Gosling, qui incarne un scientifique devenu astronaute contre son gré, est quelque chose d’inhabituel qui rassemble des techniques physiques et numériques. Au lieu de s’appuyer entièrement sur CGI, l’équipe a opté pour un système hybride qui les a obligés à repenser la façon dont une créature est construite à partir du mouvement et de la relation avec l’acteur.
Ryan Gosling comme astronaute
Dans le film, Gosling incarne Ryland Grace, un professeur de sciences qui se réveille dans l’espace avec pour mission d’affronter un phénomène qui pourrait mettre fin à la vie sur Terre. L’approche, basée sur le roman d’Andy Weir, s’engage dans une diffusion scientifique au ton intimiste et axée sur la solitude, ainsi que sur l’improvisation face à l’inconnu.
Dans ce voyage vers l’imprévisible, apparaît Rocky, une entité d’origine extraterrestre qui doit également sauver son propre monde. La magie de cette relation inattendue entre Grace et Rocky est qu’elle part d’un processus de découverte mutuelle. Cette complicité, à force de charisme et d’écriture réfléchie, finit par devenir le cœur du film.
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Malgré l’ampleur du conflit, ce qui définit l’expérience, c’est la proximité entre les personnages. Cette proximité est due à la présence physique de Rocky sur le plateau, qui a permis aux scènes de se dérouler naturellement, même lorsque son partenaire de scène manquait de visage humain.
Les 3 vies de Rocky
Rocky devait se sentir réel dans l’espace physique. Pour y parvenir, l’équipe a utilisé trois méthodes différentes qui alternent en fonction des exigences de chaque scène. La première est la manipulation directe par le biais de marionnettes, inspirée du bunraku japonais, où plusieurs opérateurs contrôlent simultanément le corps de la créature.
Lorsque les limitations du mouvement humain empêchaient de suivre l’action, une version animatronique entra en jeu. Ce modèle, télécommandé, permettait d’exécuter des mouvements plus complexes sans perdre la matérialité du personnage. Cela lui a permis d’étendre ses possibilités dans le cadre.

La troisième ressource correspond au CGI, utilisé dans les moments où la complexité technique dépassait toute solution physique. Cependant, même dans ces cas-là, la base reposait sur des éléments réels. Selon l’équipe, il y avait toujours sur le plateau un élément tangible, même partiel, qui servait de point de référence pour l’animation ultérieure. Dans le film, Rocky ne se sent jamais complètement numérique, ni complètement mécanique.
La chimie de Gosling et James Ortiz
Derrière le mouvement de Rocky se cache James Ortiz, un marionnettiste qui a fini par occuper une place plus grande que prévu. Au départ, son travail consistait uniquement à manipuler la créature pendant le tournage, mais sa relation avec le personnage s’est développée jusqu’à influencer directement sa voix et sa personnalité.
Ryan Gosling l’a décrit comme quelque chose de spectaculaire dans le processus. « La vraie surprise, c’est Ortiz », a-t-il expliqué, faisant allusion à la façon dont le marionnettiste comprenait le personnage. Selon l’acteur, il pouvait lui demander n’importe quoi comme s’il était Rocky et obtenir une réponse plausible, ce qui transformait complètement la dynamique sur le plateau.
Cette connexion a conduit à des séances qui ont duré des heures. « Nous avons improvisé pendant des heures, hors scénario et en fonction du personnage », se souvient Gosling. Cette décision a permis à de nombreuses interactions d’émerger en dehors du scénario et d’apporter des nuances qui ont ensuite été intégrées au film.
Project End of the World a déjà connu la première la plus réussie de toute l’histoire d’Amazon MGM. Selon Box Office Mojo, le film a rapporté jusqu’à présent 140 millions de dollars dans le monde.
Avec les informations de E.W. et Discuter du cinéma.
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