Plus de trois décennies après sa sortie, « Alien 3″ continue d’être un point de friction pour une partie de l’équipe créative qui a contribué à consolider la saga dans les années quatre-vingt. Dans une récente interview, James Cameron a une fois de plus exprimé son désaccord avec les décisions narratives prises dans le troisième opus, en particulier l’élimination précoce des personnages centraux d' »Aliens », bien qu’il ait clairement indiqué qu’il n’en tenait pas le réalisateur, David Fincher, pour responsable.
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Pourquoi « Alien 3 » est-il encore une plaie ouverte pour James Cameron ?
L’agacement de Cameron avec « Alien 3 » est principalement dû à la décision d’éliminer dès le début Hicks et Newt, personnages qui avaient été fondamentaux dans « Aliens ». Au cours de l’exposé, le réalisateur a été particulièrement dur en faisant référence à ce tournant narratif, soulignant que « la chose la plus stupide de toutes » était de créer un lien émotionnel avec ces personnages et de s’en débarrasser immédiatement.
Cameron a expliqué que « Aliens » avait généré une base solide d’empathie autour de Hicks, Newt et Bishop, il considérait donc comme une erreur que le prochain film choisisse de les remplacer par de nouveaux personnages qui, de son point de vue, ne suscitaient pas le même intérêt, mais plutôt le même rejet. Pour le cinéaste, cette décision a rompu la continuité émotionnelle de la saga et affaibli l’impact narratif du troisième opus.
Cameron a néanmoins pris soin de nuancer ses critiques. Il a souligné que sa colère n’était pas dirigée contre Fincher, qu’il a décrit comme un cinéaste qu’il admire, et a rappelé que « Alien 3 » était son premier long métrage, réalisé dans un contexte de forte interférence créative. Cameron a souligné que Fincher était « dirigé par de nombreuses autres voix », c’est pourquoi il lui accorde « pardon » pour ce qui s’est passé.
Ces déclarations ont été faites lors d’une conversation avec Michael Biehn, avec qui Cameron a collaboré sur certains des titres les plus influents de sa carrière.
Michael Biehn, la défense de Fincher et le conflit autour de son image
Michael Biehn, qui jouait Hicks dans « Aliens », était d’accord avec Cameron sur le fait que Fincher n’était pas le principal responsable des décisions les plus controversées dans « Alien 3 ». L’acteur a déclaré que le réalisateur avait pratiquement « reçu un bol de merde », faisant référence à un projet déjà conditionné par le studio avant qu’il puisse exercer un réel contrôle sur le film.
Au cours de la conversation, Biehn a également révélé un aspect peu connu du processus : l’utilisation de son image dans « Alien 3 » sans son consentement. Comme il l’a expliqué, il s’est informé de la situation auprès de tiers et, lorsqu’il s’est plaint, le studio lui a proposé une somme considérable pour autoriser l’utilisation de son apparence, encore plus élevée que celle qu’il avait facturée pour « Aliens ». Malgré cela, il a décidé de rejeter l’accord.
Le conflit s’est intensifié au point que Fincher l’a contacté directement pour tenter de résoudre la situation, un appel que Biehn a qualifié de particulièrement tendu. Cameron, après avoir entendu l’anecdote, a fait un commentaire ironique qui a révélé le ton détendu (bien que critique) de la conversation entre les deux.
Au-delà de l’épisode spécifique, le témoignage de Biehn a relié le passé de la franchise aux débats actuels sur le droit à l’image, le consentement et l’utilisation des technologies émergentes, un sujet que Cameron a également récemment abordé en relation avec l’intelligence artificielle.
L’état actuel de la franchise « Alien », selon James Cameron
En parlant du présent de la saga, James Cameron a précisé que sa relation avec « Alien » est, aujourd’hui, lointaine. Bien qu’il reconnaisse les aspects positifs de projets récents comme « Alien : Earth », il était moins enthousiasmé par « Alien : Romulus », dont il a dit qu’il n’aimait que certaines parties.

Le réalisateur a été encore plus énergique en déclarant qu’il n’avait aucun intérêt à revenir dans la franchise, notant que, de son point de vue, elle était devenue excessivement « pilotée par les fans ». Pour Cameron, cette approche limite la possibilité de prendre de réels risques créatifs et de construire des histoires avec une identité d’auteur claire, ce qu’il considère comme fondamental dans sa façon d’appréhender le cinéma.
Ces propos renforcent une position que le cinéaste a maintenue dans d’autres contextes : sa préférence pour développer ses propres univers, comme celui de Avataroù il maintient un contrôle créatif beaucoup plus grand. En revanche, « Alien » représente pour lui une franchise qui, au fil du temps, s’est fragmentée entre visions multiples et pressions commerciales.
Néanmoins, les propos de Cameron et Biehn montrent clairement que le débat autour d’Alien 3 n’est pas seulement une question de nostalgie, mais une discussion plus large sur la paternité, la continuité narrative et l’impact des décisions d’entreprise sur les sagas qui ont marqué des générations.
Avec les informations de JoBlo.