LE CRI D’HORREUR POPULAIRE MEXICAINE
Entre forêts humides, rituels ancestraux et plaie ouverte d’un pays marqué par la disparition des hommes, Tekenchu : Le rituel du Nahual apparaît comme l’une des propositions les plus inquiétantes du nouveau cinéma mexicain. Réalisé par Carlos Matienzo Serment, ce film n’embrasse pas seulement l’horreur folklorique, il en fait également une furieuse démonstration de la violence qui existe au Mexique. Car oui, il y a des histoires qui ressemblent à de la fiction… jusqu’à ce qu’on se souvienne qu’elles se produisent ici tous les jours.
DU COURT MÉTRAGE RÉCOMPENSÉ AU LONG MÉTRAGE
Le plus impressionnant c’est que Tékenchu Cela a commencé comme un court métrage qui a réussi à remporter plus de 90 festivals internationaux, devenant ainsi une lettre d’introduction brutale pour Matienzo. L’univers du nahual s’est tellement développé qu’il a finalement été transformé en un long métrage réalisé avec les fonds FOCINE, démontrant que le cinéma de genre mexicain peut également se construire à partir de l’identité culturelle et de la mémoire sociale.
LE NAHUAL COMME JUSTICATEUR ANCESTRAL
Loin du monstre traditionnel, le nahual est ici conçu comme une figure ancestrale liée à la protection, au châtiment et à la justice. Carlos Matienzo le décrit comme une représentation profondément humaine : le besoin désespéré de trouver des réponses lorsque les institutions échouent. Et c’est là que le film trouve sa véritable terreur. Pas dans la créature. Pas dans le sang. Mais dans la réalité qui l’inspire.
LA HUASTECA POTOSINA : UN PERSONNAGE DE PLUS
La Huasteca de Potosí ne fonctionne pas seulement comme un décor. Respirer. Observer. Poursuivre. Ses rivières, ses montagnes et ses jungles transforment chaque scène en un cauchemar humide et plein de mystère. Il y a quelque chose dans la photographie et dans l’atmosphère qui donne l’impression que la forêt recèle des secrets enfouis depuis des siècles.
UNE ODE AUX DISPARUS AU MEXIQUE
Derrière toute cette fiction se cache une blessure très nette : les disparus au Mexique. Tekenchu : Le rituel du Nahual fonctionne comme une ode douloureuse à ceux qui continuent d’être recherchés, aux familles qui vivent coincées entre espoir et horreur. Le film prend le folklore mexicain et le transforme en un cri cinématographique sur l’absence, l’impunité et la rage collective, MÊME DES MÈRES EN RECHERCHE.
«C’EST UN CAUCHEMAR MEXICAIN»
Lorsqu’on demande à Carlos Matienzo comment il décrirait le film en une seule phrase, il répond : « C’est un cauchemar mexicain né entre le brouillard, les rituels et les secrets de la forêt. »
Et c’est peut-être la meilleure définition possible. Parce que Tékenchu Il ne cherche pas à ressembler à l’horreur étrangère. Il veut ressembler, ressentir et souffrir comme le Mexique.
LE CINÉMA MEXICAIN A BESOIN DE SES JEUNES DANS LES THÉÂTRES
Aujourd’hui plus que jamais, le cinéma de genre mexicain a besoin de nouvelles générations pour remplir les salles et soutenir des histoires issues de nos propres racines. Tekenchu : Le rituel du Nahual Ce n’est pas seulement un film d’horreur, c’est une expérience cinématographique qui montre qu’au Mexique on peut aussi créer des univers sombres, puissants et profondément humains.
Alors ce week-end TOMATINOS, l’invitation est claire : aller au cinéma, soutenir les talents nationaux et se laisser envelopper par ce cauchemar mexicain qui résonne déjà dans le monde entier. Car tant qu’il y aura des cinéastes disposés à raconter nos histoires, l’horreur mexicaine continuera de respirer à travers le brouillard.