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BAO : Un nouveau vilain révélé ?

Depuis quelque temps, Warner Bros publie sur Internet quelques bouts d’image d’un futur super-vilain qui apparaîtra dans le prochain opus des aventures du chevalier noir : Batman Arkham Origins

Pour le moment, seuls 4 des 8 assassins qui seront dans le jeu ont été révélés : Deathstroke, Deadshot, Bane et dernièrement, Copperhead. Mais depuis un certain temps, Warner Bros tease le prochain vilain via Twitter avec des images de ce fameux personnage. Les voici :

 

 

Certains personnes se ont intégrées ces images sur celle de la biographie de Firefly dans Arkham Asylum, voici ce que cela donne :

http://image.noelshack.com/fichiers/2013/34/1376907609-fir.jpg

Donc cela ne fait plus aucun doute, Firefly sera bien l’un des 8 assassins qui voudront la peau de Batman le soir de Noël ! Plus qu’à attendre la confirmation de Warner Bros, qui pourrait être faite à la Gamescon, qui se déroulera du 21 au 25 août !
Wait and see !

 

[Preview] Batman Knightfall Tome 2

Voici la preview du tome 2 de Knightfall, la série qui a vue Bane briser psychologiquement et physiquement le Chevalier Noir. Après avoir brisé Batman à la fin du tome 1, il va régner en maître dans Gotham City, mais sans compter Robin qui, avec Jean-Paul Valley (futur Azrael), va essayer de ramener l’ordre dans Gotham City.

Voici les premières pages du tome 2 qui s’annonce passionnant :


 

The Dark Knight Rises – la critique détaillée

Attendu depuis 4 ans par les fans, The Dark Knight Rises est enfin sorti après une campagne publicitaire féroce et de nombreuses rumeurs concernant le scénario. Malgré la tuerie de Denver qui a obscurci sa sortie, le film a démarré fort au box-office et nombreux sont les spectateurs qui saluent déjà sa réussite incontestable. Après le dyptique esthétique de Burton, puis celui kitsch de Schumacher, la trilogie réaliste de Nolan semble s’achever avec brio, devançant ainsi  toutes les adaptations de super-héros, y compris les précèdentes du Chevalier Noir. C’est le moment pour nous, fans inconditionnels du batverse, de rendre notre verdict. Au lieu de présenter une critique globale du film, une sorte d’appréciation générale, nous vous proposons une critique thématique avec trois thèmes : les références du film aux comics, sa réflexion sur notre contexte actuel et enfin un commentaire sur la réalisation. Après le podcast, voici donc notre critique détaillée (avec de nombreux spoilers) !


1) Des comics au film :

Pour ce dernier volet, Nolan a multiplié les références aux comics, que ce soit pour le scénario ou les personnages. Nous analyserons ces références une par une dans l’ordre structurel du film.

The Dark Knight Returns :

A l’instar de The Dark Knight qui s’ouvrait avec l’ingénieux braquage d’une banque par le Joker, The Dark Knight Rises s’ouvre par l’incroyable abordage d’un avion de la CIA par des mercenaires et nous présente une nouvelle menace, un terroriste du nom de Bane (joué par Tom Hardy). Ce dernier capture un expert nucléaire, extradié par la CIA du Moyen-Orient. A des kilomètres de là, nous retrouvons un lieu plus familier : Gotham City. Huit ans après la mort du procureur, Harvey Dent, tué par le Chevalier Noir,  la ville est devenue sûre, la police respectée de tous et personne n’a plus revu Batman depuis. Mais cette paix fragile  repose sur un mensonge orchestré par le commisaire Gordon et Batman lui-même. TDK finissait en effet sur la mort d’Harvey Dent, alias Double-Face, victime de sa propre folie meurtrière. Pour ne pas salir la réputation du procureur qui aurait conduit à relâcher la pègre emprisonnée à Blackgate, Batman avait alors décidé d’endosser les crimes de Double-Face, devenant ainsi la cible de la police. Dent devint ainsi le Chevalier Blanc, symbole de justice et de sécurité, Batman le Chevalier Noir, justicier criminel.

C’est donc un Bruce Wayne dépressif et reclus dans sa tour d’ivoire que nous retrouvons huit ans après. Joué toujours impeccablement par Christian Bale, notre héros n’a plus la forme physique et souffre de nombreuses blessures notamment à la jambe. La référence à The Dark Knight Returns de Frank Miller est ici habilement exploitée. Dans ce comicbook, Bruce Wayne, cinquantenaire et plus sombre que jamais, reprenait en effet péniblement du service pour affronter une horde de mutants punks, faisant régner l’anarchie à Gotham. Le masque style heavy metal de Bane n’est d’ailleurs pas sans rappeller ces mutants. Cependant deux nouveaux personnages dans le film vont motiver Bruce Wayne à réendosser son costume et affronter Bane.

Le premier est celui de Selina Kyle, alias the Cat, une voleuse talentueuse qui se fait passer pour une domestique du manoir et vole le collier de sa mère. Le personnage, joué par Anne Hathaway, est un mixte de The Cat apparue dans le premier numéro de Batman et de la Catwoman prostituée de Frank Miller et Mazuchelli dans Batman : Year One. On retrouve d’ailleurs sa partenaire adolescente Holly. Après la Catwoman torturée de Burton, Nolan nous présente ici une femme séduisante et indépendante, issue des bas-quartiers (la prostitution est toutefois écartée ) mais vivant la belle vie grâce au butin dérobé. La Cat est aussi acrobate qu’experte en gadget high-tech, elle n’hésite pas non plus à jouer tous les registres de la féminité et à se déguiser pour manipuler les hommes.

Le design du costume retranscrit parfaitement cette alchimie : combinaison moulante, masque mondain, lunettes infra-rouges relevées en forme d’oreilles de chat, cheveux détachés pour afficher ouvertement la féminité… Autant l’avouer tout de suite la Cat de Nolan est une franche réussite, très fidèle au personnage ambigu des comics. Anne Hathaway joue de plus admirablement tous les registres de son personnage et nous convainc haut la main !

Le second personnage est celui de John Blake, un jeune policier prometteur, joué par Joseph Gordon-Levitt. Orphelin comme Bruce Wayne, il découvre de lui-même l’identité de Batman. Bruce Wayne est alors séduit par l’idéalisme du jeune homme qui lui rappelle ses débuts.

Un dernier personnage, qui semble de prime abord plus secondaire, viendra motiver personnellement le milliardaire Bruce Wayne : la séduisante Miranda Tate jouée par Marion Cotillard, en charge du projet écologique « Energie Propre « au sein de Wayne Entreprises. Elle nouera très vite une relation charnelle avec le playboy.

Knightfall :

Au fur et à mesure du film, on en apprend davantage sur Bane. Ce dernier est né dans une prison en forme de puits. Il a réussi à s’en échapper étant enfant, puis a rejoint la Ligues des Ombres, dirigée par l’éco-terroriste Ra’s Al Ghul, avant d’en être excommunié pour sa trop grande violence. Nolan reprend ici les éléments du premier volet, Batman Begins. On comprend donc mieux les motivations de Bane : venger la trahison de Bruce Wayne, formé par la Ligue, et détruire Gotham une fois pour toutes. Trahi par Catwoman, Batman se fera alors piégé dans les égouts de Gotham et Bane lui brisera le dos.

On salue ici une fois de plus le talent de Nolan pour incorporer des références aux comics dans un scénario original. Comme dans Vengeance of Bane relatant les origines du personnage, Bane est né dans une prison aux Caraïbes (dans le film, c’est plutôt le Moyen-Orient, vu les décors). Comme dans Knightfall (part 1) : the Broken Bat, Bane libère les détenus d’Arkham pour affaiblir le Batman dont il connaît instinctivement l’alter-ego (dans le film, il libère les détenus de Blackgate, sans doute pour éviter de faire entrer le Joker en lice, et il le fait après la chute de Batman pour affaiblir la ville elle-même). Comme dans Knightfall (part 3) : Knightsend , Bruce Wayne, brisé en deux par Bane, devra recouvrir sa force via un entraînement rigoureux et un saut de la foi. Et comme dans Knighfall (part 2) : Who Rules the Night, Batman prend sa revanche sur Bane, à la grosse différence près, que c’est Bruce Wayne directement et non Azrael, allié de Batman, qui porte le costume. Au passage, louons la prestation de Tom Hardy qui campe un Bane agressif, calculateur, avec un regard malsain. Le style de sa voix, « lord anglais » renforce la ruse et l’esprit stratège du personnage. Sans être aussi charismatique que le Joker ou Double-Face, Bane s’avère donc être un adversaire aussi intéressant et angoissant, à des lieues de la caricature de Schumacher dans Batman et Robin.

Pendant tout le temps de sa convalescence, Bruce Wayne verra, via une télé dans sa prison, la main-mise de Bane sur Gotham qui y répand l’arnarchie : détenus libérés et armés, procès iniques contres les riches et fonctionnaires, chasse aux policiers, ponts reliant la ville au continent détruits (avec notamment la fameuse scène du stade présentée dans le trailer)…la référence à No Man’s Land est ici claire et ingénieusement reprise. Pour rappel, un tremblement de terre avait réduit, dans ce récit, Gotham en zone de guerre civile. En résumé, cette seconde partie du film riche en références et en réflexions nous a passionné car elle donne tout son sens au titre du film : The Dark Knight Rises. Comment redevenir Batman, le corps et l’esprit brisés ? Comment se relever après une cruelle défaite ?

Bane of the Demon :

Mais Nolan aime les twists, nous y sommes habitués.  Bane et son arnachie ne sont donc qu’une diversion pour cacher une menace plus grande : Miranda Tate, alias Talia Al Ghul, la fille de Ra’s venue venger son père, que Batman a laissé mourir dans Begins. Dans le comics Bane of the Demon, Bane, amoureux de Talia (ancienne amante de Batman), s’associait bon gré mal gré avec le père et la fille pour détruire Gotham et finissait par affronter Batman au grand jour dans Legacy. Dans le film, Batman affronte Bane une seconde fois dans une scène magistrale et intense, parmi les policiers en plein jour.

Il apprend alors la trahison de Talia, qui l’empêche d’achever Bane. Le twist ne suprendra pas les fans, d’autant que les indices sont nombreux, notamment le lien avec le projet écologique Wayne ou le fait que Miranda/Talia couche avec Bruce au début du film. Néanmoins il est habile : c’est Talia qui, grâce au sacrifice du détenu Bane, s’est échappée de la prison en forme de puits, puis qui est revenu chercher Bane ensuite. Bane a alors été exclu par Ra’s car ils étaient rivaux pour l’affection de sa fille.  La prison en forme de puits reprend donc les mythiques puits de Lazare dans les comics où Ra’s entretient son immortalité en s’y baignant. Dans le film, le puits est symbole d’héritage (Talia) et de retour (Batman).  Nolan mêle donc avec brio les origines de Bane et celles de Talia.

Toutefois si, sur le papier, le reboot du personnage de Talia est intéressant, le jeu de Cotillard, pourtant excellente en Miranda, s’avère peu convaincant pour incarner ce personnage, notamment dans la dernière scène plutôt ratée, autant dans le jeu que dans la réalisation. De plus, Talia n’a pas dans le film la sagesse de son père, elle ne cherche qu’à se venger de Batman et son plan pour détruire Gotham est bien moins écologique : faire exploser un coeur nucléaire…

Batman R.I.P :

Le sacrifice final de Batman, qui emmène le coeur nucléaire exploser en pleine mer, a peu de rapports avec l’arc intitulé Batman R.I.P. Pourtant, comme dans ce récit,  Batman sait pertinamment que c’est la fin pour lui, il sait qu’il a lutté une dernière fois pour l’honneur, et qu’il n’a plus sa place à Gotham. Dans les comics, Batman ne meurt pas véritablement dans Batman R.I.P mais dans Final Crisis, tué par Darkseid. La question de sa succession était alors posée dans Whatever happened to the Caped Crusader ? où super-héros comme vilains rendent hommage au Chevalier Noir. Dans le film, nous avons le droit pour compenser à une magnifique statue noire, symbole de reconnaissance par la ville.

Si Batman est mort, Bruce Wayne est toujours en vie. On apprend en effet qu’il avait installé 6 mois avant sa disparition un pilote automatique pour la bat (la batwing). Dans une touchante scène à la fin du film, Alfred aperçoit justement dans une terrasse à café de Florence, Bruce Wayne et Selina Kyle incognito et en couple. Ici TDKR s’affranchit clairement des comics à l’instar d’Arkham City, mettant en scène la mort d’un célèbre super-vilain. Nolan veut nous montrer en effet la possiblité d’un Bruce Wayne qui raccroche définitivement sa cape et fonde une famille avec Selina. Dans les comics pré-Crisis On Infinite Earths (1985), avant que le batverse ne soit rebooté, il y avait plusieurs Terre parallèles. Sur la Terre 2, Bruce était marié avec Selina et avait une fille, la future Huntress. Mais tout cela restait hypothétique, une fiction dans la fiction. Dans son histoire principale, le Chevalier n’a jamais eu et n’a jamais le droit de fonder un foyer. Le Batman de Nolan si…

Batman Beyond :

Batman meurt mais sa légende perdure à Gotham. TDKR, conclusion d’une trilogie, doit finir par une ouverture. C’est le personnage de John Blake qui l’assure. Pressenti comme l’Azrael de Knightfall, John Blake est finalement plus proche du troisième Robin, Tim Drake (le nom ressemble d’ailleurs à Blake). Dans A Lonely Place of Dying, un adolescent du nom de Tim Drake, vient demander de l’aide à Bruce Wayne car il a déduit qu’il était Batman. Or seul Batman peut l’aider contre les sbires de Double-Face, qui recherchent son père, criblé de dettes. (Ce dernier meurt cependant bien plus tard dans le crossover Identity Crisis, tué par Capitaine Boomerang). Batman, admiratif de son talent de déduction et de son agilité, le prendra alors sous son aile. Dans le film, on retrouve quasiment le même schéma : Blake, orphelin, connaît instinctivement l’identité secrète de Batman, ce dernier lui fait confiance et lui confie des missions. Cerise sur le gâteau : on apprend à la fin que le véritable nom de Blake est Robin. Pas Tim Drake, Robin. D’une part pour que les non-connaisseurs comprennent la référence, d’autre part pour rendre crédible l’origine du pseudo. John Blake n’a pas en effet le passé acrobate de Dick Grayson, le premier Robin, et on ne voit pas comment il pourrait penser à un tel nom de scène. L’introduction du nom est donc ici habile et correspond bien à l’univers réaliste de Nolan. Le nom est ainsi symbolique, il évoque l’orphelinat et la véritable identité.

Pour autant si John Blake a le nom et les origines de Robin, il n’est pas directement Robin, le partenaire de Batman. Il est au contraire son héritier. Comme l’attestent la découverte de la batcave où Blake refait le chemin de Bruce et la discussion avec Gordon qui a réparé le bat-signal du commissariat, Blake/Robin va prendre la relève de Batman. Le nom, les gadgets, le modus operandi, tout.  On peut toutefois supposer que son costume sera différent, réapproprié, avec un design proche par exemple de Batman Beyond, où le jeune Terry Mc Ginnis prenait la relève de Bruce Wayne, son mentor à la retraite. Une scène de dialogue entre le nouveau Batman et Gordon sur le toît du commissariat n’aurait d’ailleurs pas été de trop ! La fin s’inspire sans doute également de Batman Incorporated où Bruce Wayne, revenu du passé après sa défaite contre Darkseid, décide de sponsoriser officiellement Batman et de former des Batmen à travers le monde tel Nightrunner, le batman de la banlieue parisienne. Le fait de ne pas voir finalement le costume du nouveau Batman et de terminer le film avec Blake contemplant la batcave laissent droit à toutes les hypothèses. Une manière astucieuse pour Nolan d’ouvrir son film avec Robin tout en faisant perdurer la légende de Batman…


2) Du film au réel

Dès Begins, Nolan exploite le parti-pris du réalisme. Ses héros sont revisités, redesignés pour correspondre à notre réalité. Tout ce qui fait partie du fantastique ou du burlesque est donc mis de côté. L’esprit des personnages et des comics sont respectés mais la mise en forme s’en écarte, elle recherche avant tout la crédibilité et  veut rendre le film possible à notre époque, quant bien même les gadgets high-tech seraient quasi-impossibles. Cette exigence n’est pas seulement esthétique, elle permet une réflexion sur notre société actuelle. Les héros sont-ils possibles dans notre société ? Sont-ils légitimes ? Quelle serait leur place ? Quelles seraient les conséquences? Toutes ces questions se posaient dans Begins et dans The Dark Knight. De même un certain regard sur nos difficultés socio-économiques, sur la politique et les médias était porté de façon intéressante. The Dark Knight Rises ne déroge pas à la règle…

La critique du libéralisme économique :

La première partie du film, centrée sur la vie de Gotham City, huit ans après les lois de Dent, critique les deux piliers du modèle économique libéral : la spéculation et l’obsession de la sécurité. Tant que les puissants peuvent librement spéculer sur des fortunes colossales et que l’Etat est réduit à sa fonction policière, tout va bien ! Le calme peut n’être qu’apparent, cela contente la plupart des citoyens. C’est exactement ce constat que dresse le film de Gotham City, miroir explicite de New York (la plupart des scènes urbaines n’ y sont pas tournées par hasard). Ainsi le maire de Gotham veut-il se débarasser de Gordon, héros de guerre, qui ternit la paix. Ainsi Bruce Wayne voit-il sa fortune dilapidée en quelques secondes suite à un piratage boursier. Ainsi la police a-t-elle pour ordre de pourchasser Batman, symbole de faiblesse de l’Etat, qui dérange plus que de simples voleurs. De même, pendant l’attaque de la Bourse, lorsqu’un trader s’exclame « Il n’y a pas d’argent à voler ici ! Il n’y a que des transactions ! », Bane rétorque « Pourquoi vous êtes ici alors? ». Cette critique du libéralisme,  parfois caricaturale, est donc très présente dans TDKR, elle cherche à montrer que le système même, plus que Batman, engendre les nouvelles menaces, en creusant les inégalités et en favorisant l’opportunisme. Le personnage du Cat en est une belle illustration.

Le danger de la vox populi :

Si Bane apparraît dans un premier temps comme un détracteur du libéralisme, il est surtout présenté dans la seconde partie du film comme le représentant de la vox populi. En libérant les prisonniers de Blackgate, en chassant les policiers et en organisant des grands procès publiques contre les bureaucrates (présidés par Crane, alias l’Epouvantail, le juge de la Peur), Bane laisse cours à la vindicte populaire, assoifée du sang des bouc-émissaires. Mais cette soi-disante défense du petit peuple n’est qu’une diversion pour répandre l’anarchie et transformer Gotham en no man’s land. Une manière pour Nolan de montrer que la recherche de coupables n’est pas la bonne solution et sert souvent les intérêts d’un tiers. Bane n’a que faire du peuple mais il prend plaisir à voir les faibles s’entre-tuer. C’est en cela que le personnage est réussi, il est en effet terrifiant moins pour sa musculature ou son masque que pour sa nature très contemporaine : un terroriste qui se sert des passions comme la peur ou la colère pour mieux manipuler. Si Bane est aussi malsain et angoissant, c’est parce qu’il est précisément un rejet de nos modèles sociaux. Né dans une prison, il connaît l’âme humaine et sait que derrière chaque façade citoyenne se cache de la noirceur… Hélas si la critique du peuple est intéressante et sert de contre-poids à celle du libéralisme, elle est moins bien mise en scène. On regrette notamment que les médias soient quasi-absents du film. Un Bane qui tient une photo d’Harvey Dent pour révéler un mensonge d’Etat est bien moins convaincant qu’un Joker se servant des journaux télévisés dans TDK pour diffuser ses messages. De même lorsque Bane parle au micro dans un stade et déclare que le déclencheur de la bombe est entre les mains d’une personne, la mise en scène est faible et convainc beaucoup moins que celle du Joker s’adressant aux deux ferrys. Se servir des médias, c’est se rendre normal et semer la confusion parmi les téléspectateurs. Bane lui choisit une approche beaucoup plus directe, moins intéressante sociologiquement. On sent que Nolan a voulu reprendre des facettes du Joker pour Bane sans parvenir à l’égaler. Mais, malgré ces maladresses, le traitement de Bane reste très intéressant, comparé à celui traditionnellement réservé au personnage.

La menace terroriste :

La trilogie de Nolan fait partie de cette génération des films de super-héros, marquée par le terrorisme et les attentats du 11 septembre . Comment en effet ne pas voir en Bane, détruisant un avion en plein vol ou faisant sauter un stade, une incarnation de la hantise américaine? Alors que Bruce Wayne est emprisonné dans un puits au Moyen-Orient à l’instar des soldats américains embourbés dans des conflits externes, les citoyens américains de Gotham sont livrés en pâture aux terroristes de la Ligue des Ombres. Une façon à peine dissimulée pour Nolan de critiquer l’interventionnisme américain…

La démesure nucléaire :

Autre critique portée par le film, celle de la démesure nucléaire. Dans les traditionnels films d’action, l’enjeu était de désamorcer la bombe. Dans TDKR qui se veut un reflet de nos problématiques actuelles, l’enjeu final consite à présent soit à remettre un coeur nucléaire à sa place, soit à le faire exploser dans un lieu désert. Les temps ont changé, les menaces également. Sauf que ces menaces n’ont pas de terme. Si le coeur nucléaire avait été remis à sa place, un autre terroriste aurait pu s’en emparer. De même le faire exploser en pleine mer ne résout rien : toute la faune et la flore marines seront dévastées, sans parler de la contamination des citoyens de Gotham via les particules charriées par le vent. En se sacrifiant, Batman ne donne donc qu’un sursis de vie à Gotham. A trop vouloir côtoyer la puissance, les hommes finiront inéluctablement par s’auto-détruire et même Batman n’y pourra rien…

Un héros immoral au service de la morale :

TDKR a beau finir bien, c’est sans doute le film de super-héros le plus pessimiste et le plus désenchanté concernant notre époque. L’Etat est corrompu, les puissant s’enrichissent sur le dos des faibles et menacent le monde, via la spéculation ou le nucléaire tandis que les plus démunis réclament la vengeance. Le seul obstacle contre ces vices, c’est Batman : combattant hors-la-loi, pourchassé par la police, qui n’hésite pas à couvrir un mensonge d’Etat ou à passer des deals avec des voleurs si nécessaires (cf. le logiciel « Table Rase » pour fausser l’identité, donnée au Cat). Le fait d’ouvrir le film sur la relève de Batman en est l’ultime preuve : il faudra toujours un héros moralement ambigu pour se salir les mains et corriger les vices de nos sociétés occidentales. Ce sont nos propres faiblesses qui sont à l’origine du Batman, nous le craignons finalement autant que nous avons honte de nous-mêmes.


3) Une réalisation trop ambitieuse ?

Si TDKR est une franche réussite pour son scénario original recoupant les trois volets de la trilogie, sa fidélité aux comics (du moins à l’esprit des personnages) et sa réflexion portée sur notre modèle de société occidentale, il l’est moins concernant sa réalisation. On sent en effet que Nolan est parfois perdu avec tous ses personnages, quitte à en mettre certains de côté, comme Alfred, pour alléger la liste. De même à vouloir trop contenter les fans de comics, Nolan bourre le film de références, sans qu’elles soient forcément justifiées, crédibles ou cohérentes (ex: les aller-retours peu crédibles pendant le film de Bane et Bruce Wayne entre Gotham et une prison filmée au Moyen-Orient, censée être aux Caraïbes). De manière plus globale, le film s’avère un poil trop ambitieux, trop dense et Nolan se repose parfois, malgré son talent, sur les ficelles traditionnelles du blockbuster pour justifier l’enchaînement des scènes (ex: le retour de Bruce Wayne coïncide parfaitement avec celui du Cat, le coeur nucléaire qui explose en pleine mer épargne complètement Gotham par magie…). Le rythme du film avec des temps morts est d’ailleurs moins immersif, contrairement à celui de Begins ou de TDK. Si les deux premiers volets étaient quasiment des chef-d’oeuvres, soignés et maîtrisés finement, TDKR apparaît plus brouillon voire blaclé sur certaines scènes, celles avec Talia par exemple. Enfin Nolan possède toujours ses vieux démons de réalisateur. Alors que les scènes de violence ou d’affrontement pyschologique sont toutes réussies (ex: Bane attaquant la Bourse, Batman s’infiltrant dans les égoûts, Blake à l’hopital…), les scènes de pugilat sont faiblardes : le second combat entre Batman et Bane, chargé d’émotions, s’en sort assez bien, le premier en revanche est vraiment mou, même la scène culte où Bane brise le dos de Batman manque d’intensité. Nolan peine en effet à filmer les pugilats, ça se sent bien et c’est dommage pour un film de super-héros, là où d’autres réalisateurs comme Zack Snyder, réalisateur du futur Superman, excellent dans ce domaine. Toutefois la plupart de ces défauts sont assez formels et ont peu entâché notre appréciation générale du film. Si TDKR n’égale pas ses deux prédécesseurs sur certains points, il les dépasse en revanche sur plein d’autres et demeure sans doute à l’heure actuelle le film de super-héros le plus riche de sens.


Quel avenir pour Batman au cinéma? Malgré quelques défauts récurrents, The Dark Knight Rises s’impose comme une référence du film de super-héros et la trilogie du Dark Knight, par sa conception réaliste et problématique du héros, fait office de modèle du genre. Tel le footballer dans le film qui se retourne et se retrouve tout seul au-dessus d’un gouffre, Nolan devance largement tout ses concurrents. Il a non seulement révolutionné tout un genre de film mais il s’est également imposé comme le réalisateur le plus complet et le plus fidèle du batverse, loin devant la vision trop personnelle de Burton ou celle au contraire trop accessible et réductrice de Schumacher. Pour autant la facette sombre et moderne mise en scène par Nolan n’est pas la seule de l’univers de Batman. Le justicier de Gotham a plus de 70 ans d’aventures et de comics à son actif, ses facettes sont donc indénombrables. On souhaite donc bien du courage au prochain réalisateur pour faire un film sur Batman encore plus original mais on ne demande que ça ! Pourquoi pas un Batman des années 40-50 avec des gadgets archaïques, des problématiques de l’Après-Guerre et un style de l’Age d’Or des comics?

Pour plus d’infos concernant les références aux comics, veuillez consulter notre chronologie et nos fiches sur Ra’s Al Ghul et Bane. Si vous voulez réagir à cettre critique, n’hésitez pas à venir débattre sur notre forum !

Fiche Personnage – Bane

Connaissez-vous bien Bane ? Du catcheur féroce au stratège militaire en passant par le junkie au Venin, Bane possède de nombreuses facettes. Souvent caricaturé comme une brute sans cervelle notamment dans le film Batman et Robin, Bane est pourtant un super-vilain atypique, un des adversaires les plus intéressants du Chevalier Noir, ne serait-ce que par sa supériorité physique et psychologique sur Batman. Je vous propose de revenir sur les origines de Bane et ses principales apparitions dans les comics.

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[CRITIQUE] La revanche de Bane

Avec l’arrivée prochaine de The Dark Knight Rises au cinéma, Urban Comics nous fait le plaisir de rééditer quelques histoires clés mettant en scène Bane, le méchant qui apparaîtra dans le film. Je vous propose aujourd’hui une petite review de l’album « La Revanche de Bane » qui revient sur les origines de ce personnages peu commun.


Synopsis :

Scénario: Dixon Chuck,Nolan – Dessin: Palmer
Né à Santa Prisca, une île dirigée par une junte militaire sanguinaire, l’homme qui allait devenir Bane n’avait qu’un rêve : devenir le maître incontesté d’un empire du crime. Sur son chemin, il retrouva le légendaire Batman et fut l’un des rares à pouvoir le défaire. Aujourd’hui, il s’allie à l’un des pires ennemis du Chevalier Noir : Ra’s Al Ghul, et à sa fille, la capiteuse Talia.
(contient Vengeance of Bane # 1, et Bane of the Demon # 1-4)

L’avis de Batman Univers :

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Le plein d’albums chez Urban Comics

C’est l’été depuis quelques jours, et en cette première semaine de juillet Urban Comics frappe fort en sortant plusieurs albums incontournables ! En plus du n°2 de Batman Saga, regardons ensembles ce que nous propose ces quelques histoires.

Commençons par Batman Année Un ! Un album incontournable pour un grand nombre de fans de l’homme chauve souris. Cette édition vendu à 20€ se paie le luxe de vous proposer en bonus le blu-ray et le DVD de la version animé (mais attention, il s’agit d’une édition limité) !

Dans cet album, nous suivrons le tout début des aventures de Batman, qui il est et comment en est-il arrivé à enfiler son costume de chevalier noir. Je vous invite d’ailleurs à jeter un oeil à la critique de cet excellent album, ainsi que celle de son adaptation en dessin animé pour vous faire un avis sur le sujet.

 

Continuons avec un album que j’ai également beaucoup apprécié : Knightfall ! Il est vendu 28€, mais ne vous en faites pas, l’histoire est longue et d’excellente qualité !

Dans cet album, nous aurons droit à l’un des affrontements les plus épiques de l’histoire de Batman. Retrouvez le personnages de Bane, qui est bien décidé à détruite définitivement notre justicier préféré ! Encore une fois, vous pouvez jeter un oeil à la critique de cette histoire pour vous faire une meilleure idée.

 

Le troisième de la liste s’intitule La revanche de Bane, vendu à 15€ cette fois-ci.

Dans cette album, vous retrouverez en fait deux histoires. La première vous présentera la première apparition de Bane, tandis que dans la seconde Bane s’alliera à Ra’s Al Ghul. Pas de critique encore pour cet album, mais j’y travail !

Sur ce, bonne lecture !

Encore une nouvelle bande annonce pour TDKR

The Dark Knight Rises revient encore une fois sur les devants de la scène. A quelques semaines de sa sortie dans les salles obscures, nous pouvons découvrir un nouveau trailer avec quelques passages exclusifs.


 

The Dark Knight Rises, la suite des films Batman Begins et The Dark Knight, toujours réalisé par Christopher Nolan, est attendu au cinéma pour le 25 juillet !

Un troisième trailer pour The Dark Knight Rises

Alors que la sortie du film prévu pour cet été approche à grand pas, Warner Bros met en ligne une nouvelle bande annonce pour The Dark Knight Rises !

Cette nouvelle bande annonce nous dévoile des images exclusives du film, notamment quelques passages du prologue. Voilà de quoi nous faire patienter jusqu’à cet été… ou de rendre l’attente encore plus insoutenable !

Les sorties Urban Comics de l’été

Urban Comics nous livre son planning de sorties pour les mois de juillet, août et septembre. Autant vous dire que les fans de Batman vont avoir de quoi s’occuper cet été !

Batman - Year One
Batman - Year One

 

Pour tout ceux qui aurait raté la réédition par Panini Comics de Batman : Année Un, Urban Comics remet le couvert avec une réédition du titre prévue pour le 6 juillet ! Notez que cette édition comportera également le DVD et le Blu-Ray de l’adaptation animée de la BD. Le même jour devrait également sortir également Batman Contre Bane ainsi que le premier tome de Batman KnightFall. Avec la sortie de The Dark Knight Rises le même mois, autant vous dire que Bane semble occuper une place de choix !

Toujours le 6 juillet, nous devront avoir droit aux 4 tomes de Batman L’Alliance des Héros inspirées de la série animée du même nom, et donc plutôt orienté pour un jeune public. Ne ratez pas non plus le tome 1 de Ed Brubaker présente Catwoman ! Enfin, pour le 23 juillet est prévu le tome 2 de Grant Morrison Présente Batman.

Plus d’info sur le site officiel d’Urban Comics

Une nouvelle affiche pour TDKR

Nous découvrons une nouvelle affiche pour The Dark Knight Rises, la suite du film The Dark Knight (le chevalier noir), troisième et dernier volet de la saga Batman réalisée par Christopher Nolan.

Mettant en avant Bane, avec le texte « The Legend Ends » (La légend prend fin), voici l’affiche en question :

The Legend Ends

Que dire de plus si ce n’est que Batman risque de se prendre une sacrée dérouillé ? Le film est toujours attendu pour l’été 2012 comme nous le confirme l’affiche.