Le réalisateur Kristoffer Borgli se retrouve dans l’œil de la controverse, après avoir refait surface un essai personnel écrit en 2012, juste au moment où sa notoriété internationale grandit grâce à la première de son nouveau film, « The Drama », avec Zendaya et Robert Pattinson. Le cinéaste norvégien a gagné en notoriété ces dernières années grâce à son style provocateur et à sa collaboration avec des personnalités hollywoodiennes bien connues, ce qui a permis à ses œuvres antérieures de recevoir à nouveau l’attention des médias.
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Le texte, initialement publié dans le magazine D2, supplément culturel du journal norvégien Dagens Næringsliva commencé à circuler sur les réseaux sociaux après avoir été partagé et traduit par les utilisateurs, suscitant un débat sur son contenu et son contexte.
Que dit l’essai de 2012 qui a suscité la controverse ?
L’essai décrit une relation que Borgli a eue dans la vingtaine avec une jeune femme plus jeune que lui, que le réalisateur lui-même qualifie d’exemple de « romance de mai à décembre », terme utilisé pour décrire les relations avec une différence d’âge significative.
Dans le texte, le cinéaste réfléchit à l’impact social de ce type de relation et évoque des références culturelles qui ont influencé sa manière d’interpréter la situation. Borgli lui-même écrit qu’il recherchait des éléments qui pourraient l’aider à « recalibrer ma boussole morale », tout en reconnaissant que certains de ses proches considéraient la relation comme « interdite ».
L’essai mentionne également des exemples de cinéma qui ont abordé les relations avec les différences d’âge, soulignant comment certaines représentations ont été perçues différemment à différents moments historiques.
Bien que l’âge du consentement soit fixé à 16 ans en Norvège, le sujet reste socialement sensible, ce qui a suscité des réactions en ligne suite à la réapparition du texte.
Fragments de l’essai controversé
Le journaliste hollywoodien a partagé l’essai traduit du norvégien vers l’anglais. Ci-dessous, nous partageons quelques fragments traduits pour rendre la controverse plus claire :
« Le terme « mai-décembre » est expliqué ici comme une relation dans laquelle la différence d’âge entre deux personnes est si grande qu’elle comporte un risque de désapprobation sociale. Je le sais parce que j’ai rencontré une fille de dix ans plus jeune que moi que j’aimais beaucoup, une fille qui n’était pas en âge de voter, et il fallait que je trouve quelque chose qui m’aide à recalibrer ma boussole morale. Les quelques amis avec qui j’ai partagé ma situation m’ont dit que c’était interdit. Cela a confirmé qu’il s’agissait justement d’une romance. Mai-décembre.
L’auteur raconte qu’après s’être séparé de son ancienne compagne, il s’est réveillé dans un appartement provisoire avec une jeune lycéenne : « Une fille blonde, lycéenne, profitant des vacances sporadiques de mai. » Bien qu’il ait initialement décidé de ne plus la revoir en raison de la différence d’âge, ils ont continué à rester en contact via des messages et des réseaux sociaux.
L’auteur a comparé cette relation avec une précédente dans laquelle son partenaire était plus âgé que lui et affirme que les différences d’âge ont influencé sa manière d’interpréter la relation. Il explique avoir cherché des références dans le cinéma et la littérature pour comprendre sa situation, citant des exemples d’histoires avec des écarts générationnels qui l’ont fait reconsidérer ses doutes.
Il décrit également l’admiration qu’il éprouvait pour l’environnement culturel de la jeune femme, son intérêt pour la musique, les livres et l’art, et comment ils passaient de longs moments ensemble à discuter, regarder des films et partager leurs goûts. Il se souvient de cette période comme d’une étape intense et formatrice, marquée par des affinités intellectuelles et émotionnelles qui, selon son récit, les ont rapprochés malgré la différence d’âge.

Un débat marqué par le changement culturel après #MeToo
L’essai de Kristoffer Borgli, publié en 2012, a une fois de plus suscité un débat dans un contexte culturel très différent de celui d’il y a plus de dix ans. À l’époque, les débats publics sur les relations avec des différences d’âge significatives ne faisaient pas l’objet du même niveau d’examen qu’aujourd’hui, en particulier dans l’industrie du divertissement, où les dynamiques de pouvoir inégales, tant dans la fiction qu’en dehors de la fiction, étaient normalisées depuis des années.
Le mouvement #MeToo a marqué un tournant en rendant visible l’ampleur de comportements qui pendant des décennies avaient été tolérés ou minimisés. À partir de ce moment-là, le débat public s’interroge plus fermement sur la représentation des relations qui impliquent des déséquilibres de pouvoir, d’âge ou d’expérience, tant au cinéma que dans d’autres sphères culturelles.
L’essai de Borgli montre comment l’auteur a tenté d’interpréter son expérience personnelle en recourant à des références cinématographiques qui, à l’époque, présentaient des relations avec des différences d’âge sans le même niveau de critique qu’aujourd’hui. Cependant, le fait que certaines dynamiques aient été représentées avec moins de remises en question dans le passé n’implique pas qu’elles étaient socialement ou éthiquement acceptables, mais reflète plutôt des changements dans les sensibilités collectives et les normes culturelles.