C’est un blockbuster attendu, signé Marvel Studios, porté par des millions de fans à travers le monde.
Mais dans plusieurs pays, il n’a jamais été diffusé. Non pas à cause de la violence ou de la religion.
Mais à cause d’une seule scène, de quelques secondes seulement… qui ont suffi à le faire interdire.
Un simple dialogue. Un geste mineur. Mais une implication jugée “intolérable” par plusieurs gouvernements.
Une scène de 12 secondes, lourde de conséquences
Le film en question, The Eternals (2021), réalisé par Chloé Zhao, avait tout pour faire date : une épopée cosmique, des enjeux philosophiques, et une volonté affirmée de diversité.
C’est d’ailleurs là que tout a basculé.
Dans une courte séquence, deux personnages masculins — Phastos (incarné par Brian Tyree Henry) et son compagnon — échangent un baiser à l’écran.
Une scène sobre, intime, loin du sensationnel.
Mais dans certains pays du Moyen-Orient, cette image a suffi à provoquer une censure immédiate.
“Ce genre de contenu est en contradiction avec nos valeurs culturelles et religieuses”, a déclaré un responsable anonyme d’un comité de classification basé dans le Golfe.
Une vague de refus : les pays concernés
Plusieurs pays ont décidé de ne pas diffuser le film du tout, sans même envisager une version censurée.
Parmi eux :
- Arabie Saoudite
- Koweït
- Qatar
- Égypte (version éditée)
- Malaisie (initialement coupée, puis annulée)
Certaines demandes de modifications ont été envoyées à Marvel, qui a refusé de couper la scène.
Une décision saluée par une partie du public… mais qui a privé des millions de spectateurs de la sortie officielle du film.
Marvel face à une nouvelle ère de censure
Depuis la montée en puissance des franchises internationales, les studios américains doivent jongler avec des marchés aux sensibilités très différentes.
Mais The Eternals a marqué un tournant.
C’était la première fois qu’un personnage ouvertement homosexuel apparaissait dans un film Marvel grand public, avec vie de famille, enfant, et affection montrée à l’écran.
Un choix assumé par la réalisatrice Chloé Zhao, qui avait déclaré à Variety :
“Si on commence à effacer ce genre de scènes, on efface des gens réels. Et ce n’est pas acceptable.”
Une affaire symptomatique d’une industrie sous tension
Ce qui frappe ici, ce n’est pas la nature de la scène.
C’est le pouvoir de 12 secondes d’image sur des décennies de diplomatie commerciale.
Les films Marvel ne sont plus seulement du divertissement.
Ils sont devenus des marqueurs culturels, parfois politiques.
Et dans une industrie où chaque pays représente des dizaines de millions d’euros, une scène comme celle-là peut tout faire basculer.
Marvel, en choisissant de ne pas plier, a ouvert un précédent. Mais à quel prix ?
L’avenir nous dira si les studios continueront de défendre leurs choix artistiques… ou s’ils céderont à la pression des marchés les plus restrictifs.