Pixar traverse une période difficile. Son dernier projet majeur, intitulé Elio, est arrivé dans les salles obscures sous un climat de scepticisme, avec des chiffres qui ne laissent aucun doute : le film représente l’un des plus grands échecs commerciaux du studio ces dernières années. Ni l’ambition de plonger dans l’univers galactique ni le cœur sincère du personnage principal n’ont suffi à éviter une débâcle totale. Mais que s’est-il réellement passé ?
Lors de leur premier week-end en salles, les résultats d’Elio se sont avérés particulièrement décevants, avec une recette mondiale à peine supérieure à 35 millions de dollars. Sur ce total, 21 millions proviennent des États-Unis, tandis que le reste du monde ne lui a offert que 14 millions. Un résultat modeste pour une sortie de film, certes. Mais, pour une production Pixar dont le budget s’évalue à environ 150 millions, et qui aurait pu même atteindre 300 millions après de nombreux remaniements, ce chiffre constitue une véritable catastrophe de proportions stellaires.
Il faut préciser que le coût de fabrication d’Elio a probablement explosé. Selon plusieurs sources, celui-ci aurait été largement supérieur au budget initial en raison de nombreuses reprises de scénarios, de refontes graphiques et de sequences d’animation abandonnées en cours de route. À cela s’ajoute une campagne promotionnelle qui n’a pas été moins coûteuse, mais qui n’a pas non plus permis de faire rayonner le film comme prévu.
Une intrigue absurde mais inoffensive
Elio raconte l’histoire d’un garçon solitaire, vivant sous la garde de sa tante, une femme militaire qui a sacrifié ses rêves pour l’éduquer. Après une série d’incidents peu heureux, Elio se retrouve abducté par des extraterrestres, lesquels le prennent pour l’ambassadeur de la Terre dans une sorte de Nations Unies galactique. À partir de ce point, il doit faire face à des chefs de guerre interplanétaires, à des clones, à des vaisseaux endommagés, à des trahisons cosmiques… tout cela, tout en étant profondément nostalgique de sa tante.
Visuellement, le film n’a pas failli à la réputation Pixar : un univers haut en couleurs, riche en textures et en détails. Toutefois, le mélange d’humour naïf, de conflits familiaux et d’épopée intergalactique n’a pas réussi à toucher un large public. Ni les jeunes spectateurs, ni les adultes ne semblent avoir été conquis par cette « histoire d’amour cosmique » qui, sur le papier, réunissait tellement de genres différents.

Un contraste avec d’autres succès du moment
Le contraste est saisissant lorsqu’on compare Elio à la concurrence tournant en salles. Ce week-end a montré que le public continue bien de se déplacer, mais privilégie d’autres productions. « Comment entraîner ton dragon » en version live-action continue sa croissance, ayant déjà rapporté environ 358 millions de dollars à l’échelle mondiale, avec une addition de 37 millions de dollars dans le seul week-end aux États-Unis.
De plus, la très attendue suite de 28 ans après, avec une ambiance post-apocalyptique signée Danny Boyle, a débuté sur une très bonne lancée, en engrangeant 60 millions de dollars à l’échelle mondiale, dont 30 millions rien qu’aux États-Unis.
Le remake de Lilo et Stitch (2025) approche la barre du milliard de dollars de recettes, avec un total dépassant déjà 910 millions. La question qui se pose est maintenant de savoir s’il parviendra à atteindre le cap symbolique du milliard, ce qui semble quasiment certain à ce stade.
Pareil pour « Misión Imposible : Sentencia Final » qui, avec ses 6,5 millions dans le week-end américain, continue de résister. À l’échelle mondiale, la dernière aventure d’Ethan Hunt affiche déjà un total impressionnant de 540 millions, malgré un budget élevé qui complique sa rentabilité.
En revanche, malgré sa large sortie en plus de 4 000 salles et le label Pixar, Elio est clairement en retrait sur tous les fronts en termes de recettes et de réception.
Les raisons profondes de l’échec de Pixar
Tout indique que Pixar semble s’être laissée emporter par ses propres ambitions. Elio essaye de combiner plusieurs genres : science-fiction, drame intime, aventure pour enfants, réflexions émotionnelles. Mais cette recette hétéroclite donne l’impression d’une œuvre sans véritable ligne directrice, qui ne parvient pas à cibler un public précis.
Le marketing n’a pas aidé : la communication autour du film a été confuse, avec une présence limitée sur les réseaux sociaux, ce qui a difficilement permis de capter l’attention. La concurrence est également très rude cette saison, ce qui a davantage pénalisé cette sortie. Cependant, le problème de fond réside dans le fait que le public ne répond plus aussi massivement à la simple évocation du nom Pixar. La magie et le prestige qui remplissaient les salles auparavant ne suffisent plus à garantir le succès.
Et si, en plus, l’histoire ne touche pas émotionnellement, la chute est inévitable.
Le bilan de la recette américaine du week-end
Les chiffres du Box Office américain confirment que Elio n’a pas uniquement déçu à l’échelle mondiale, mais aussi dans son pays d’origine. Voici le classement des films qui ont rencontré le plus de succès lors de ce week-end :
- « Comment entraîner ton dragon » – 37 millions de dollars
- « 28 ans après » – 30 millions de dollars
- « Elio » – 21 millions de dollars
- « Lilo et Stitch » – 9,7 millions de dollars
- « Mission : Impossible – Sentencia Final » – 6,5 millions de dollars
- « Materialists » – 5,8 millions de dollars
- « Ballerina » – 4,5 millions de dollars
- « Karate Kid : Légendes » – 2,4 millions de dollars
- « Destination finale : Lazos de sangre » – 1,8 millions de dollars
- « Kuberaa » – 1,7 millions de dollars
Il apparaît clairement que le public, dans sa majorité, a exprimé son mécontentement en ne se ruant pas dans les salles pour voir Elio, contrairement à d’autres films en compétition.
Un futur compromis pour Elio ?
À ce stade, il semble peu probable qu’Elio parvienne à se rattraper, même si une seconde semaine favorable ou une relance à l’international pouvaient entraîner un changement de tendance. La réalité est que pour couvrir ses coûts, le film doit accumuler une somme astronomique en recettes supplémentaires, qu’il est peu envisageable d’atteindre sans miracles. Pixar, pour le moment, doit faire face à une crise de confiance avec ses sujets, et le succès n’est pas garanti pour la suite.

Il est peut-être envisageable qu’une plateforme de streaming donne une seconde chance au film, comme cela a déjà été le cas pour d’autres œuvres animées qui ont connu l’échec en salles. Cependant, la marque Pixar traverse une période de crise ; le public ne répond plus avec la même intensité qu’auparavant, et la compétition, notamment celle de studios tels que DreamWorks, Illumination ou des adaptations en version live, leur sort déjà un peu plus de terrain.
Les perspectives pour le cinéma familial dans l’immédiat
Les succès de Lilo et Stitch en version réelle et de Comment entraîner ton dragon dans sa nouvelle version montrent que le public aime retrouver ses franchises favorites dans des textures modernes, mais avec des nouveautés qui respectent l’univers. Le message est clair : les spectateurs cherchent des émotions familières, revisitées sous un nouvel emballage. En revanche, les projets originaux comme Elio ont bien plus de difficultés à convaincre, à moins d’être véritablement exceptionnels.
Pour Pixar, la réflexion est maintenant incontournable. Doit-on privilégier de nouvelles suites, limiter les risques, ou changer complètement le ton ? Pour le moment, une seule certitude : leur tentative spatiale a tourné au fiasco monumental en termes de recettes.
Il faut rappeler que toutes les œuvres Pixar sont accessibles via Disney Plus, où vous pouvez les retrouver en suivant ce lien.