Le Mexique se consolide comme le nouveau Hollywood de l’Amérique latine grâce à la montée en puissance des productions internationales

Le Mexique traverse une de ses périodes de plus grande activité audiovisuelle de ces dernières décennies. Les plateformes de streaming, les studios internationaux et les sociétés de production locales ont augmenté leurs tournages dans le pays, tandis que de nouvelles incitations fiscales cherchent à attirer encore plus de projets. Selon un rapport de Le paysla combinaison de talents, de coûts compétitifs, de diversité de sites et d’infrastructures renforce la position du Mexique comme l’un des principaux centres de production cinématographique et télévisuelle d’Amérique latine.

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Pourquoi de plus en plus de productions internationales tournent-elles au Mexique ?

L’activité est particulièrement observable à Mexico, où ont actuellement lieu chaque jour entre 25 et 30 tournages. Des quartiers comme Popotla, des bâtiments historiques, des restaurants, des gymnases et des rues du centre historique deviennent régulièrement des décors de films, de séries et de publicités.

L’un des exemples récents est une série Netflix produite par Perro Azul (dont le nom n’a pas été révélé dans le rapport) qui a transformé une zone de Popotla en plateau de tournage. À cela s’ajoutent des productions telles que « Familia », également de Netflix, et « La Oficina », une adaptation mexicaine de « The Office » réalisée par Prime Video et filmée dans un véritable immeuble de bureaux à Tlalnepantla.

Le phénomène ne se limite pas non plus aux plateformes de streaming. Kanan Films a participé à des longs métrages, à des campagnes publicitaires liées aux Jeux Olympiques et au clip vidéo « Lights Up », de Harry Styles.

En 2021, le Mexique a atteint un record de 259 productions de longs métrages, selon l’Institut mexicain de la cinématographie. L’activité post-pandémique a encore renforcé l’écosystème d’entreprises, de techniciens et de fournisseurs capables de travailler sur des projets nationaux et internationaux.

Netflix, Amazon et les incitations fiscales stimulent la croissance

L’un des mouvements les plus importants est venu de Netflix, qui a annoncé en 2025 un investissement d’un milliard de dollars au Mexique sur quatre ans. Amazon Prime Video et Max disposent également d’une infrastructure visant à développer du contenu mexicain original.

A cet investissement privé s’ajoute un crédit d’impôt annoncé par le gouvernement de Claudia Sheinbaum, équivalent à 30 % de l’impôt sur le revenu pour les productions qui utilisent au moins 70 % de services mexicains. Le soutien peut atteindre environ 2,3 millions de dollars par projet.

Bien que ces incitations restent plus modestes que celles offertes sur d’autres marchés internationaux, les représentants de l’industrie estiment qu’elles peuvent aider à convaincre davantage d’entreprises de tourner au Mexique, en particulier lorsqu’elles disposent d’une expérience préalable en matière d’équipements, de lieux et de services locaux.

Le Mexique offre des lieux capables de représenter différentes époques et villes

La diversité des scénarios constitue un autre des grands atouts du pays. « Spectre », un film de James Bond sorti en 2015, a utilisé des espaces du centre historique de Mexico, tandis que « Roma », d’Alfonso Cuarón, a également montré l’intérêt de gérer des lieux nationaux à l’échelle internationale.

Alfonso Cuarón et Yalitza Aparicio sur le tournage de

Les sociétés de production mexicaines ont également trouvé près de Guadalajara des paysages capables de représenter les environs de Los Angeles des années 1930, ainsi que des lieux comme Cananea, dont l’aspect historique leur permet de recréer d’autres époques.

Cet attrait s’étend également à la publicité. Une publicité pour la bière Victoria a récemment été tournée dans le New Jordan Gym, tandis que des bâtiments tels que le Journalists Club ont été utilisés pour recréer des restaurants, des salles de bains et des espaces de différentes décennies.

La croissance a déjà un poids économique considérable : l’industrie audiovisuelle a contribué à hauteur d’environ 138,7 milliards de pesos en 2022, soit l’équivalent de 0,5 % du PIB national. Dans le même temps, les spécialistes préviennent que le défi sera de faire en sorte que la montée en puissance des productions étrangères renforce également durablement le cinéma et les talents mexicains.