Wagner Moura dit que « L’Agent secret » dépeint le présent de l’Amérique latine

Le film « L’Agent secret », une production brésilienne nominée pour quatre Oscars, a élargi sa portée au-delà du portrait de la dictature militaire au Brésil. En entretien avec La Républiquel’acteur Wagner Moura a soutenu que le film ne regarde pas seulement le passé, mais dialogue également avec le présent politique et social de la région. Le film, réalisé par Kleber Mendonça Filho, est en compétition cette année dans des catégories telles que Meilleur film, Meilleur film international et Meilleur acteur.

Cela pourrait également vous intéresser : Wagner Moura, star de « L’Agent Secret », révèle comment Pedro Pascal l’a aidé à entrer aux États-Unis

Se déroulant en 1977, sous le régime militaire brésilien, l’histoire suit Marcelo, un homme ordinaire pris dans un réseau de surveillance et de persécution. Cependant, les responsables insistent sur le fait que l’histoire ne se limite pas à un exercice de mémoire historique.

Pourquoi le film transcende-t-il le contexte brésilien ?

Pour Moura, l’impact de « L’Agent secret » réside dans sa dimension latino-américaine. Dans l’interview, il a souligné que le film « représente l’Amérique du Sud. Il existe une forte latinité qui unit tous nos pays », soulignant que les cycles de répression et de polarisation ne sont pas exclusifs à un seul pays. Comme il l’a expliqué, l’histoire est liée à une expérience partagée sur le continent marquée par des coups d’État, des persécutions et des fractures sociales.

Le réalisateur a reconnu que le projet est né d’une réflexion sur la répétition de ces cycles. Il a souligné que l’intention était d’explorer la manière dont les sociétés fonctionnent avec la mémoire dans des contextes traversés par la violence politique. Bien que l’intrigue prenne la forme d’un thriller, sa structure intègre des éléments émotionnels et symboliques qui renvoient à la discussion sur l’histoire récente de la région.

Moura a ajouté que le film représente l’Amérique du Sud dans un sens plus large, mettant en évidence une identité culturelle commune qui traverse les frontières nationales. Dans sa lecture, le film exprime une « latinité forte » qui relie des expériences historiques similaires.

Un protagoniste commun en pleine répression

Dans le film, Moura incarne Marcelo, un homme sans aspirations héroïques qui tente de survivre dans un environnement hostile. L’acteur a expliqué que le personnage incarne ceux qui ont subi la répression sans pour autant devenir des personnalités publiques ou des dirigeants politiques. Ce sont, dit-il, des gens ordinaires persécutés à cause de leur couleur, de leurs idées ou de leur foi.

Le retour de l’acteur au cinéma portugais après douze ans avait également une composante personnelle. Moura a souligné que le tournage à Recife impliquait de renouer avec la culture de Pernambouc et avec une étape clé de l’histoire du Brésil. Cette dimension intime, a-t-il noté, a influencé son approche du personnage.

Fragment de l'affiche de

Mémoire, titre et débat public

Mendonça Filho a expliqué que le titre fait allusion à l’atmosphère de suspicion typique des régimes autoritaires. Dans ce contexte, il a soutenu que n’importe qui peut devenir une cible de surveillance. Le film, a-t-il ajouté, a été conçu comme un thriller politique et émotionnel qui divertit tout en invitant à la réflexion.

Depuis sa première au Festival de Cannes 2025, la production a suscité des débats au Brésil et à l’étranger. Pour ses créateurs, la réception confirme que l’histoire n’appartient pas uniquement au passé. À l’heure de la polarisation politique dans les différents pays de la région, « L’Agent secret » se positionne comme une œuvre qui relie mémoire, identité et actualité latino-américaine.

« L’Agent Secret » sortira en salles au Mexique le 26 février 2026, distribué par la plateforme MUBI, quelques jours avant la cérémonie des Oscars 2026.

Fontaine.