Le retour de Vin Diesel à Cannes n’était pas seulement une célébration nostalgique des 25 ans de « Fast and Furious ». La présence du film au sein de la section Cannes Classics a ouvert une discussion plus large sur la place qu’occupent les grandes franchises dans l’histoire du cinéma, notamment dans une industrie où le divertissement de masse est souvent traité comme une catégorie mineure par rapport au cinéma d’auteur. Dans un nouvel essai, l’acteur évoque sa première visite au festival avec « Multi-Facial » et défend la valeur artistique du cinéma populaire.
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Pourquoi Vin Diesel associe-t-il « Fast and Furious » à Cannes ?
Dans le texte, Vin Diesel construit un pont entre deux moments de sa vie professionnelle. La première a eu lieu en 1995, lorsque Cannes a reçu « Multi-Facial », un court métrage de 20 minutes écrit, réalisé et mettant en vedette lui. L’acteur se souvient qu’à cette époque, il était un jeune artiste new-yorkais qui ne pouvait pas obtenir de rôles, il n’avait pas de costume qui lui allait bien et il n’était même pas sûr d’avoir un billet de retour.
Trois décennies plus tard, Diesel revient au festival avec un film très différent : « Fast and Furious », désormais reconnu comme un « Classique cannois ». Pour l’acteur, la symétrie ne passe pas inaperçue. Il a d’abord été reçu comme un jeune artiste sans place claire dans l’industrie ; Il revient maintenant avec une franchise qui a changé sa carrière et qui, malgré son profil commercial, a été célébrée dans l’un des espaces les plus prestigieux du cinéma international.
L’essai rappelle également l’origine historique du festival, conçu en 1939 comme une réponse à la tentative du fascisme de soumettre le cinéma à ses intérêts. À partir de cette lecture, Diesel présente Cannes comme un espace né pour défendre l’étendue du cinéma, non pour le réduire.
Le cinéma populaire n’est pas une forme d’art mineure, dit Diesel
La phrase centrale de l’essai apparaît lorsque Vin Diesel parle de ce que le premier film « Fast and Furious » signifiait pour Hollywood. Selon l’acteur, le film rappelle quelque chose que l’industrie avait oublié : « Le cinéma populaire, fait avec conviction et amour, n’est pas une forme d’art mineure ».
Diesel ne présente pas la saga uniquement comme un succès au box-office. Sa défense s’appuie sur l’idée que le cinéma populaire remplit une fonction ancienne : rassembler une communauté autour d’une histoire commune. Dans son texte, il le décrit comme « l’histoire racontée à toute la communauté, le feu autour duquel tout le monde se rassemble ».
Ce point de vue contraste avec les débats récents sur la domination des franchises et du cinéma de super-héros, en particulier après les critiques de Martin Scorsese à l’égard de Marvel. Alors que Scorsese a défendu une idée du cinéma liée au risque artistique, à la révélation émotionnelle et à l’expression personnelle, Diesel revendique le spectacle de masse comme une expérience collective qui peut aussi avoir une valeur culturelle.
Dans le cas de « Fast and Furious », l’acteur souligne que le premier film a opté pour un casting multiracial et une idée de famille fondée sur la loyauté et non sur le sang. Cette notion, dit-il, était liée à des publics de différents continents car elle évoquait le désir d’appartenance, d’avoir une table avec suffisamment de chaises.

Paul Walker, Meadow Walker et l’avenir de la franchise
Le moment le plus intime de la répétition survient lorsque Vin Diesel se souvient de la projection à Cannes devant 2 500 personnes. L’acteur évoque l’émotion de revoir Paul Walker dans le plan final du film, même s’il évite d’expliquer pleinement ce qu’il a ressenti. «Certains moments ne se traduisent pas, et celui-là, je le garde», écrit-il.
À ses côtés se trouvait Meadow Walker, la fille de Paul. Diesel note qu’elle a pu voir un public célébrer l’impact de son père à une échelle difficile à mesurer, même pour ses proches. Il mentionne également sa fille Pauline, du nom de Walker, et les dîners de famille du dimanche, où, selon l’acteur, Paul a encore une chaise.
L’essai se termine par une allusion à l’avenir. Diesel dit qu’il écrit alors qu’il se rend à une réunion à Londres, où la suite de « Fast and Furious » est en cours de construction. La franchise ne semble donc pas considérer son hommage à Cannes comme une clôture, mais comme une nouvelle étape. Pour Diesel, le tableau continue de s’allonger.