Les ambitions cinématographiques des Beatles sont exorbitantes, mais la réaction qu’ils ont provoquée au sein d’un autre groupe parmi les plus influents du XXe siècle est frappante. Brian May, guitariste de Queen, a publiquement exprimé ses réserves sur le projet qui comprend quatre films réalisés par Sam Mendes, chacun centré sur un membre différent du quatuor de Liverpool.
Cela pourrait également vous intéresser : « Sirāt » : comment la culture « rave » et les marginalisés ont inspiré le film qui peut concourir pour l’Oscar
Ces déclarations sont apparues lors d’une récente interview, dans laquelle May a abordé différents sujets liés au présent et au futur de Queen, ainsi que sa vision sur la manière dont le cinéma aborde l’histoire des grands groupes.
Pourquoi Brian May considère-t-il certains films des Beatles avec méfiance ?
Brian May a été clair en expliquant que son malaise n’a rien à voir avec la musique ou la pertinence historique des Beatles, qu’il a ouvertement loués. « J’adore les Beatles, les Beatles sont comme la Bible », a-t-il déclaré. Le guitariste s’interroge cependant sur la structure du projet dirigé par Sam Mendes, qui propose quatre longs métrages indépendants, un pour chaque Beatle.
Concernant cette idée, May a déclaré : « Non, j’aurais peur si cela arrivait à Queen. » Selon lui, diviser un groupe en histoires distinctes peut créer une dynamique malsaine. « Mais quatre films, je sens que c’est quelque chose d’horrible, où il y a une compétition entre eux, qui peut être assez haineuse », a-t-il ajouté, faisant allusion à la possibilité que cette approche encourage les comparaisons, les rivalités internes et les ressentiments entre les membres eux-mêmes.
Pour May, le problème n’est pas de raconter des histoires individuelles, mais le risque que l’histoire collective se fracture et finisse par mettre l’accent sur les conflits liés au contexte commun qui a défini un groupe.
Queen, les biopics et la peur de rouvrir d’anciennes tensions
Le musicien a profité du sujet pour tracer une ligne claire sur ce que, de son point de vue, Queen serait prêt (ou non) à faire dans le domaine cinématographique. May a assuré qu’il n’aimerait pas voir son groupe soumis à un traitement similaire à celui proposé pour les Beatles.
« Je suis content du film que nous avons fait sur Freddie, pour l’instant je n’ai pas besoin de plus que ça », a-t-il déclaré, soulignant que l’expérience de réaliser un seul film biographique était suffisante. En ce sens, il a souligné que l’objectif principal était de rendre hommage à Freddie Mercury et de ne pas ouvrir un espace de disputes narratives entre les membres survivants.
« Je suis très fier que nous l’ayons fait pour Freddie, pas pour nous. C’était la bonne chose pour nous. C’était la bonne chose pour nous. Nous l’avons fait pour Freddie, pour l’instant, je n’ai pas besoin de plus que ça », a-t-il conclu.
Les paroles de May interviennent dans un contexte où les grands biopics musicaux recherchent constamment de nouvelles façons de raconter des histoires familières, pariant parfois sur des structures de plus en plus ambitieuses. Les films des Beatles devraient sortir en salles en avril 2028.
« Bohemian Rhapsody » : succès commercial et débat critique
L’exemple que Brian May met sur la table est « Bohemian Rhapsody », le film dédié à Freddie Mercury et Queen. Sorti en 2018, le film est devenu un phénomène commercial en rapportant plus de 900 millions de dollars au box-office mondial, un chiffre inhabituel pour un biopic musical et qui le place comme l’un des plus réussis du genre.

Dans le domaine des récompenses, le film a reçu une forte reconnaissance lors de la saison des récompenses, notamment l’Oscar du meilleur acteur pour Rami Malek, ainsi que des statuettes techniques liées au son et au montage. Cependant, l’accueil critique a été plus partagé. Divers médias ont souligné des décisions narratives et des licences historiques douteuses, tandis que d’autres ont apprécié son efficacité émotionnelle et sa capacité à se connecter avec un public de masse.
Pour Brian May, cet équilibre entre hommage, impact culturel et clôture narrative est précisément ce qui rend inutile la réexploration de l’histoire de Queen sous de multiples angles cinématographiques, une position qui contraste désormais avec le chemin ambitieux que Sam Mendes a décidé de suivre avec les Beatles.
Avec les informations de Courrier quotidien.